Seuls les sous-traitants "au meilleur potentiel" seront soutenus

Guillaume Guichard avec AFP

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Les constructeurs ont été au centre des discours d'ouverture des Etats généraux de l'automobile , mardi 20 janvier. Et les sous-traitants? Le reste de la filière devrait aussi avoir sa journée. Mercredi, le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel va réunir le secteur automobile en crise pour élaborer "un code de pratiques" nouvelles destiné à mieux répartir les risques financiers entre sous-traitants et constructeurs. "Il faut réfléchir à un meilleur partage de risques entre les constructeurs et les sous-traitants", a expliqué Luc Chatel.

Quelles nouvelles pratiques? Dans l'entourage du secrétaire d'Etat, on évoquait par exemple la possibilité de réexaminer les modalités de financement des grands programmes élaborés par les équipementiers et qui sont potentiellement à risque. Il faut introduire l'idée d'un "partenariat" entre les acteurs, pour qu'il y ait autant que possible "plus de visibilité" sur les volumes et la production d'automobiles, a-t-on ajouté de même source. Les relations sont en effet "par nature tendues" entre les acteurs de la filière en raison de la crise financière qui frappe de plein fouet le secteur, a expliqué la même source.

Autre preuve d'attention du gouvernement pour les sous-traitants, la signature mardi du fonds sectoriel automobile, annoncé en décembre dernier. Un fonds de 300 millions d'euros abondé à parts égales entre l'Etat, PSA et Renault qui aidera aider les équipementiers à "traverser la crise", a expliqué Gilles Michel, directeur général du Fonds stratégique d'investissement (FSI). Ce fonds est appelé à entrer au capital d'entreprises de la sous-traitance automobile pour renforcer leurs fonds propres.

Tout le monde n'y aura pas droit. Le fonds interviendra auprès des entreprises "qui ont le meilleur potentiel technique, le meilleur potentiel de croissance, d'exportation, de savoir-faire pour émerger à la sortie de la crise comme des entreprises de référence dans leur segment", a expliqué Gilles Michel. L'objectif est d'"accompagner les entreprises de la filière automobile dans la restructuration, la réorganisation inévitable". "Nous choisirons celles qui ont les meilleures chances d'être viables et rentables", a-t-il ajouté. Ce secteur est morcelé en 32.000 entreprises.