TDK supprime 8.000 emplois hors du Japon

E24 avec AFP

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Le groupe japonais TDK, spécialisé dans les composants électroniques et technologies de stockage informatique, a annoncé jeudi la suppression de quelque 8.000 emplois à l'étranger et la fermeture de sites, en raison de difficultés liées à la crise économique mondiale. "Dans le cadre de mesures de rationalisation de nos effectifs, nous allons supprimer 8.000 emplois à l'étranger", a indiqué le directeur général de TDK, Takehiro Kamigama, lors d'une conférence de presse, sans livrer immédiatement plus de détails.

Cette réduction de personnel vient s'ajouter à 17.000 autres suppressions de postes qui avaient déjà été annoncées en Chine. Takehiro Kamigama a précisé que le groupe comptait fermer quatre usines et un centre de recherche, tous situés hors du Japon, ainsi qu'une unité liée à la production de contenus en Asie. "Nous avons mis en place en novembre un comité de réflexion pour prendre des mesures d'urgence" en raison de la brusque aggravation de la conjoncture, a-t-il expliqué.

TDK, qui façonne des composants pour divers secteurs, dont l'automobile et l'électronique grand public, subit le contre-coup de la très mauvaise passe que traversent les constructeurs de voitures d'une part et, dans une moindre mesure, les fabricants d'appareils électroniques et informatiques. "Dans toutes les régions et pour tous les composants électroniques, les commandes ont chuté beaucoup plus fort que prévu depuis le mois de novembre et les choses se sont encore aggravées ensuite" a déploré Takehiro Kamigama.

Le tout a entraîné une chute du rythme de production, certaines usines ne tournant plus qu'à 50% de leur capacité, a-t-il précisé. Il s'est en outre dit incapable de prévoir la tournure que vont prendre les commandes au-delà de février. "Nos clients, fabricants de divers produits, continuent d'utiliser leurs stocks de composants, et comme leur volume de vente a aussi baissé, la reprise nécessitera du temps", a-t-il reconnu.

Pour limiter les pertes, TDK compte aussi se défaire immédiatement de ses activités non rentables et réduire ses dépenses générales ainsi que des investissements, sans pour autant mettre à mal la capacité d'innovation jugée essentielle pour sortir par le haut de la crise. L'ensemble de ces mesures devraient lui permettre d'économiser 62,9 milliards de yens (500 millions d'euros) par an, dont 16,6 milliards proviendront des suppressions de postes. La restructuration coûtera au total 15 milliards de yens au groupe, montant imputé cette année.

TDK a annoncé par ailleurs qu'il s'attendait désormais à sombrer dans le rouge au terme de l'exercice budgétaire en cours, en raison de ventes inférieures à ses attentes et de la pénalisante hausse du yen face aux autres devises. "Nous sommes forcés de réviser nos prévisions en très forte baisse, notamment le chiffre d'affaires. Par conséquent nous risquons d'enregistrer un déficit d'exploitation et une perte nette"

Le groupe pense désormais qu'il va subir un déficit net de 28 milliards de yens (224 millions d'euros) lors de l'exercice 2008-2009, qui se termine fin mars, alors qu'il escomptait précédemment un bénéfice net de 25 milliards. En 2007-2008, le groupe avait réalisé un profit net de 71,46 milliards. De plus, il ne table plus pour l'exercice en cours que sur un chiffre d'affaires de 673 milliards de yens (5,3 milliards d'euros), soit 22,3% de moins qu'en 2007-2008, contre 795 milliards initialement prévus. "Notre objectif est d'atteindre ultérieurement un chiffre d'affaires de 800 milliards de yens. Les mesures que nous prenons nous apparaissent nécessaires pour réaliser cet objectif", a assuré Takehiro Kamigama.