Des sommets pour réparer l'économie

E24 avec AFP
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 Lors d'une rencontre tripartite dans la retraite présidentielle américaine de    Camp David samedi 18 octobre, le président américain, son    homologue français et le président de la Commission européenne     ont décidé de consulter les autres dirigeants internationaux cette semaine "avec    l'idée de commencer une série de sommets pour répondre aux difficultés    auxquelles est confrontée l'économie mondiale". Le premier de    ces sommets, au niveau des chefs de gouvernement, aurait pour objet de "discuter    de la crise financière actuelle et de formuler des principes qui guideraient    les suivants", selon un porte-parole de la Maison Blanche.  

 Cette rencontre aurait lieu aux Etats-Unis, "peu après les élections    américaines" du 4 novembre, selon le communiqué final de la    réunion de Camp David. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon,    a offert d'accueillir ce premier sommet au siège de l'ONU, à New-York. Pour    Nicolas Sarkozy, cette réunion devrait réunir les pays du G8 élargi au G5,    les cinq pays émergents que sont la Chine, l'Inde, le Brésil, le Mexique et    l'Afrique du Sud, ainsi qu'à "un pays arabe".  

 Supervision mondiale 

 Si le président américain a cédé à la pression    des Européens , le nouvel ordre financier mondial qui pourrait    émerger reste flou. L'UE veut une réforme profonde du système actuel, une    sorte de Bretton    Woods bis , du nom des accords de 1944 qui avaient jeté les bases du    système financier actuel. De même les Européens proposent une supervision    mondiale des marchés, qui serait confiée au Fonds monétaire international    (FMI). Mais si le président français veut construire "le    capitalisme de l'avenir", George Bush a lui répété qu'il était "essentiel    que nous préservions les fondements du capitalisme démocratique",    soit le capitalisme actuel.  

 Responsabilité des agences de notation 

 Le Canada a également plaidé samedi 18 octobre en faveur de la prudence, afin    de ne pas causer de "dommages permanents au système financier    international", selon un porte-parole du Premier ministre Stephen    Harper. Dimanche 19 octobre, le chef du gouvernement espagnol, Jose Luis    Zapatero, a demandé "une régulation plus stricte" du    secteur financier, "et une supervision internationale, au moins au    niveau de l'Union européenne". En soulignant la "responsabilité    très importante" des agences de notation, Jose Luis Zapatero a    appelé l'UE à prendre "le leadership du changement".  

 En attendant, la crise financière a remis au goût du jour la lutte contre les    paradis fiscaux, qui sera au menu d'une réunion internationale mardi à    Paris, à l'initiative de la France et de l'Allemagne. Selon l'ONG    Transparence International France, il y aurait une "cinquantaine"    de paradis fiscaux dans le monde, dans lesquels "plus de 400 banques,    deux tiers des 2.000 'hedge funds' (fonds spéculatifs) et deux millions    environ de sociétés écran" géreraient quelque "10.000    milliards de dollars d'actifs financiers". Soit quatre fois le PIB de    la France.  

 Yo-yo 

 La réunion de Camp David est intervenue après une semaine de yo-yo sur des    marchés financiers "maniaco-dépressifs", selon les    termes du prix Nobel d'économie 2008, Paul Krugman. Malgré ces montagnes    russes, Paris    a regagné 4,8% sur la semaine , comme Londres (+3,3%), Francfort    (+5,2%) et New-York (+4,7%). Le Dow Jones a cependant terminé dans le rouge    sur la seule séance de vendredi (-1,4%) à Wall Street. Partout, les marchés    restent volatils. La Bourse saoudienne, la plus importante du monde arabe,    qui avait entamé sa semaine par une baisse de 5,2% samedi, évoluait dans le    vert dimanche (+1,3%). Les autres Bourses du Golfe, qui ouvrent leur semaine    dimanche, ont toutes commencé dans le rouge avant de globalement basculer    dans le vert.