Bruxelles critique le plan français de soutien aux banques

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La Commission européenne ne voit pas d'un très bon oeil le plan de soutien aux banques adopté en octobre en France. José Manuel Barroso, le président de la Commission, a affirmé dimanche 30 novembre, que Bruxelles examinait avec rigueur le plan bancaire français et il a mis en garde contre "la loi de la jungle" bancaire entre pays de l'union.

Lors de l'émission "Le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro", José Manuel Barroso, a évoqué le risque "de distorsions de concurrence" dans le marché unique européen. "L'obligation de la Commission, c'est d'appliquer les règles, si on ne respecte pas les règles, c'est la loi de la jungle", a-t-il estimé. Les différents plans nationaux vont donner un avantage certain aux banques aidées par rapport à leur concurrente, une fois la crise passée, dans l'esprit du Président de la Commission.

Plus d'aides, plus de clients

Le gouvernement français a mis en place un plan de soutien aux banques de 360 milliards d'euros, adopté par le Parlement en octobre. 320 milliards correspondent à des garanties de prêts inter-bancaires et 40 milliards à des opérations de recapitalisation. 10,5 milliards ont déjà été utilisés pour les 6 grandes banques françaises. Ce sont les opérations de recapitalisation qui sont jugées contraires aux règles de la concurrence édictées par la Commission europénne. En contrepartie de cette aide, le gouvernement français demande à ces banques d'accroître leurs crédits aux entreprises et aux particuliers. En octroyant plus de prêts, ces banques pourraient ainsi s'appuyer sur l'aide de l'Etat pour gagner des clients.

Le président de la Commission a ajouté qu'il fallait faire la distinction entre les mesures d'urgence, comme le sauvetage de la banque franco-belge Dexia, et les mesures de restructuration, auxquelles appartiennent les prêts aux banques françaises."Il faut définir un critère clair et homogène pour toute l'Europe" en matière de soutien au secteur bancaire, a-t-il ajouté, mettant en garde contre une "fragmentation" du marché unique.