Les principaux actionnaires veulent voter contre la reprise de Fortis par BNP

E24 avec AFP

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La reprise de Fortis par BNP Paribas s'annonce mal. Le premier actionnaire de Fortis, l'assureur chinois Ping An, a d'ores et déjà annoncé qu'il votera contre cette vente lors de l'assemblée générale de Fortis le mercredi 11 février.

Pour justifier sa décision de voter "non", Ping An souligne tout d'abord que les décisions de vente d'actifs de Fortis prises depuis septembre par le gouvernement belge "n'ont pas seulement détruit la valeur de Fortis, mais ont aussi sévèrement affecté les intérêts des actionnaires de Fortis", et que "de telles transactions n'ont pas respecté les principes de bonne gouvernance de Fortis". Par ailleurs, étant donné le non respect de certains principes de gouvernance dans l'organisation de l'assemblée générale à venir, et la façon dont la transaction renégociée est présentée aux actionnaires de Fortis, Ping An va voter contre les résolutions proposées", ajoute-t-il. "Ping An pense que d'autres options auraient dû, et peuvent toujours, être explorées", poursuit-il.

Les avocats des petits actionnaires conseillent aussi de voter "non". Un coup dur pour la banque française sachant que l'assureur chinois détient 5% du capital de la banque belgo-néerlandaise et les petits actionnaires, environ 10% du capital.

Les actionnaires doivent voter sur trois opérations décidées début octobre: la nationalisation par l'Etat néerlandais de l'essentiel des activités aux Pays-Bas, la nationalisation par la Belgique de Fortis Banque, première banque du pays, et la revente de 75% de cette dernière à BNP Paribas.

Pour tenter d'amadouer les actionnaires, l'Etat belge a renégocié la semaine dernière la transaction avec BNP: le groupe français a renoncé à prendre le contrôle des activités d'assurance en Belgique, mais prévoit toujours d'acheter 75% de Fortis Banque, première banque de Belgique dont l'Etat belge gardera 25%.

Les quotidiens belges De Tijd et L'Echo ont indiqué que Fortis préparait un plan B au cas où les actionnaires voteraient contre la vente de la filiale bancaire belge à BNP Paribas.