Les spams indésirables sur mobile prolifèrent

Ophélie Colas des Francs

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"Tu as gagné un Kdo! Rappelle vite le 0892 …". Vous avez surement déjà reçu ce type de SMS sur votre téléphone portable. Et pour cause. Les spams indésirables se multiplient et les plaintes des consommateurs avec. Car l'abonné, distrait ou crédule, qui répond au message paie un SMS surtaxé. "Nous avons enregistré une hausse de 10% des plaintes sur le troisième trimestre, explique Jérôme Clauzure, directeur général de l'Association française des utilisateurs de télécommunications (AFUTT). Certains consommateurs se retrouvent avec une facture de téléphone de plusieurs centaines d'euros".

Pour protéger les utilisateurs, le gouvernement et la Fédération française des télécoms ont annoncé le 21 octobre la mise en place un numéro d'alerte contre les SMS indésirables. Les consommateurs transfèrent le spam incriminé à une plateforme inter-opérateur. Les opérateurs télécoms entrent alors en contact avec les éditeurs pour déterminer si le contenu est légal ou non. S'il ne l'est pas, les opérateurs peuvent fermer les numéros sutaxés.

Le hic: tous les SMS non sollicités ne sont pas des arnaques. Certains sont des offres commerciales parfaitement légales. Pour éviter que la plate-forme soit bombardée de transferts de SMS d'origine commerciale, la Fédération française des Télécoms fait payer aux consommateurs le prix d'un SMS normal. Comment faire le tri? "Les messages commerciaux proposent un réel service, comme un horoscope ou un jeu en ligne. Alors que les messages type "Rappelle vite, ton fils est malade" est une arnaque caractérisée," explique Yves Le Mouël, directeur général de la fédération.

Et pour l'étranger?

Tous les expéditeurs ne sont pas identifiables: les SMS indésirables proviennent également de serveurs automatiques basés à l'étranger qui bombardent en aveugle en composant au hasard des numéros.

"Dans ces cas-là, les opérateurs ne peuvent pas faire grand-chose, reconnaît Yves Le Mouël. Ils signalent les SMS caractérisés comme délictueux au ministère de l'Intérieur qui contacte les polices européennes. Mais notre objectif, à terme, est de mettre en place une plateforme inter-opérateurs au niveau européen.