Citigroup s'enfonce un peu plus dans la crise

Julien Beauvieux

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L'ex-première banque américaine a probablement définitivement perdu la confiance des investisseurs, qui anticipent désormais sa nationalisation. Le titre Citigroup a ainsi clôturé jeudi 5 mars en baisse de près de 10%, à 1,02 dollar, après être descendu en dessous de 1 dollar en matinée. La capitalisation boursière de Citigroup s'établit désormais à seulement 5,6 milliards de dollars, soit environ le quart de celle de BNP Paribas. Alors que la banque a déjà reçu 45 milliards de dollars depuis octobre dernier, l'annonce vendredi 27 février d'un troisième plan de sauvetage par l'Etat a enclenché une chute de plus de 60% du titre en une semaine.

Cette nouvelle intervention, qui prévoit de convertir des actions préférentielles en titres ordinaires, pourrait en effet conduire à une participation publique de 36% dans l'établissement. L'opération aurait en effet un impact significatif sur les actionnaires actuels, dont les intérêts dans la banque pourraient être dilués de 74%. Autre signe de la frilosité des investisseurs, le coût de la protection contre un défaut de paiement de Citigroup a atteint un nouveau plus haut, selon des traders interrogés par le Financial Times. En clair, la détention d'obligations Citigroup est considérée comme de plus en plus risquée.

Malgré la déroute du titre, Citigroup a déclaré ne pas avoir noté de retraits de dépôts de clients ou d'institutionnels. La banque se débat par ailleurs pour céder des actifs, dans un marché peu porteur. Citigroup envisage ainsi de céder sa part de 26% dans le courtier en ligne japonais Monex Group, selon la presse nippone. La banque américaine aurait déjà contacté plusieurs établissements susceptibles d'être intéressés pour racheter la part de la banque, dont la valeur de marché s'établit aujourd'hui à environ 144 millions de dollars.