Un député exige que l’Elysée fasse aussi preuve de rigueur

Elsa Meyer
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Nicolas Sarkozy a annoncé la semaine dernière son plan d’austérité pour la France. Mais le train de vie de l’Elysée ne va pas dans le sens de ces économies, selon un rapport du député René Dosière, publié vendredi.

Ce dernier réclame que la présidence de la République fasse preuve de plus de rigueur et gèle ses dépenses.

Efforts du gouvernement

«A partir du moment où les Français doivent se serrer la ceinture, le président de la République doit montrer l'exemple», a affirmé René Dosière, vendredi, lors d’une conférence de presse.

Et l’Elysée est loin d’avoir fait vœu de rigueur, selon lui, même si des efforts ont été faits. Les dépenses réelles ont ainsi progressé de 2,5% en 2009, à 114,287 millions d’euros, soit six fois plus que les dépenses de l’Etat (+0,4%), d’après les chiffres du rapport.

+51% pour les frais de déplacements

Les frais de déplacements ont connu, à eux seuls, une hausse de 51% l’année dernière.

«Je ne souhaite pas que le président de la République se déplace moins mais je pense que ses déplacements pourraient être plus modestes et moins coûteux. Il n’est par exemple pas obligé de transporter par avion une voiture blindée ou d’emmener tous ses amis politiques avec lui», a précisé René Dosière.

Le député préconise donc une progression «zéro volume» (sans tenir compte de l'inflation) du budget de l'Elysée d'une année sur l'autre.

Nicolas Sarkozy a demandé la même chose aux collectivités locales et aussi annoncé le gel des dépenses de l’Etat.

Transparence sur le train de vie

Mais au-delà d’une stabilisation des budgets, le rapport de René Dosière exige aussi plus de transparence.

«Nous ne savons pas aujourd’hui ce que l’Elysée paie et sur quels postes il fait des économies. De même pour les ministères: Matignon leur a demandé de réduire leur train de vie de 10% mais combien dépensent-ils vraiment aujourd’hui? Nous n’avons aucun détail», a-t-il expliqué.

Le député a envoyé récemment toute une série de questions aux ministres pour connaître leur nombre de voitures, de personnels, le montant de leurs frais de représentation ou le coût de leurs locations d’avions privés. Il attend toujours les réponses.