Noyer défend une baisse du taux du Livret A

E24 avec AFP

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Le maintien du taux du Livret A à son niveau actuel, "serait un obstacle au redémarrage de la croissance", a estimé le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, dans une interview à paraître jeudi dans le Figaro. "Si le taux du Livret A ne baissait pas ce serait un obstacle au redémarrage de la croissance", a-t-il estimé, jugeant qu'"il faut absolument laisser fonctionner ce mécanisme". Le taux du Livret A est actuellement fixé à 4% depuis le 1er août, son plus haut niveau depuis 1996. Il est susceptible d'être actualisé le 1er février et le 1er août de chaque année.

Le taux est calculé selon une formule qui intègre l'inflation et les taux du marché interbancaire. Le ralentissement de l'inflation et la baisse des taux sur le marché interbancaire devraient amener le taux du Livret A à baisser le 1er février. Il pourrait ainsi être ramené à 3%. C'est la Banque de France qui décide de l'application ou non du mécanisme de calcul. "On ne peut pas à la fois applaudir aux baisses des taux de la BCE (Banque centrale européenne, ndlr) et se plaindre d'une baisse des taux du Livret A", a considéré Christian Noyer. "Baisser le taux du Livret A, c'est baisser les taux des prêts aux HLM, ce qui est bon pour l'activité économique", a-t-il expliqué.

"Très satisfaisants"

Par ailleurs, les banques françaises ont des niveaux de fonds propres "très satisfaisants", selon le gouverneur de la Banque de France. La Commission bancaire vient de procéder à un examen très approfondi de leurs ratios de solvabilité et les a jugés, en général, tout à fait adéquats", a indiqué Christian Noyer.

Le gouverneur a appelé à "distinguer des situations très différentes, notamment d'un pays à l'autre". "En soi, un ratio de solvabilité n'est pas forcément signe de solidité", a-t-il ajouté. "En France, nous n'avons pas significativement modifié nos exigences" en matière de fonds propres, "qui pouvaient auparavant apparaître rigoureuses", a expliqué Christian Noyer. "Je ne vois pas de raison de demander aux banques françaises d'en faire beaucoup plus aujourd'hui", a-t-il jugé.

Crédit

Interrogé sur le durcissement des conditions de crédit, le gouverneur a estimé que, dans le cas des ménages et du crédit immobilier, il s'agissait d'un retour "à la normale". "Avant la crise, les conditions pratiquées étaient particulièrement favorables à l'emprunteur, notamment dans le crédit au logement où les banques ne prenaient quasiment aucune marge", a-t-il dit pour illustrer "une situation tout à fait exceptionnelle".

Côté entreprises, "on constate une plus grande prudence des banques, qui est habituelle en période de ralentissement économique", a déclaré Christian Noyer. Par ailleurs, le gouverneur a estimé que le marché interbancaire est "très loin d'une normalisation de la situation, malgré une amélioration régulière sur tous les compartiments". "Les banques qui se font confiance et se connaissent recommencent à se prêter un peu, notamment en France, mais nous sommes encore en phase de convalescence", a-t-il jugé.