La panique de Wall Street amplifiée par l'erreur d'un trader?

EM avec AFP

— 

La Bourse de New York s'est affolée hier. Dans un contexte d'inquiétudes autour de la dette de plusieurs pays européennes, une erreur humaine aurait provoqué cette dégringolade historique.

Chute historique du Dow Jones

En fin de journée, le Bourse a commencé une chute vertigineuse pour atteindre un creux quinze minutes plus tard. L'indice Dow Jones a enregistré la plus forte chute en points de son histoire en séance (998,50 points, soit près de 9%), et est même brièvement passé sous le seuil de 10.000 points.

Ce vent de panique a d'abord été attribué aux incertitudes qui entourent la situation grecque. Les télévisions américaines diffusaient en boucle des images de la police grecque chargeant les manifestants devant le Parlement à Athènes.

Erreur d'un trader?

Mais après la clôture, les spéculations allaient bon train. Les chaînes CNBC et Fox Business News ont affirmé que l'erreur d'un courtier de la banque Citigroup aurait exacerbé la dégringolade.

"Il est clair qu'il y a eu problème. Il y a eu une erreur, humaine ou informatique, qui a provoqué l'enfoncement de niveaux techniques", a estimé Gregori Volokhinede Meeschaert New York.

Interrogée par l'AFP, Citigroup n'a pas confirmé. "A l'heure actuelle, nous n'avons aucune preuve que Citi ait été impliquée dans une transaction erronée", a indiqué la banque américaine.

Le marché spécialiste des marchés dérivés, le CME, a affirmé dans un communiqué que "les activités de Citigroup Global Markets sur les marchés des contrats à terme sur les indices boursiers ne semblaient pas irréguliers ou inhabituels".

Interrogé sur la chaîne CNBC, le patron de l'opérateur boursier NYSE Euronext, Duncan Niederauer, a estimé que ces mouvements particuliers sur ces actions n'étaient pas forcément dus à une erreur humaine.

Nervosité sur la situation grecque

Faute professionnelle ou déficience informatique, les investisseurs étaient de toute façon extrêmement nerveux, dans une situation de "sensibilité élevée au risque", a rapporté Craig Peckham, de Jefferies.

"Tout se résume à la peur de la contagion de la situation grecque, avant le vote de demain en Allemagne" pour ratifier l'aide internationale accordée par l'Union européenne et le Fonds monétaire international, a indiqué Peter Cardillo, d'Avalon Partners.

"On a peur que si les émeutes s'aggravent vraiment en Grèce, le gouvernement recule. Les aides seraient suspendues et le pays en serait réduit à faire défaut", a expliqué Gregori Volokhine.

L'euro a une nouvelle fois décroché face à la monnaie américaine, tombant à 1,2523 dollar.

"Si la situation en Europe n'aura potentiellement qu'un petit impact sur la reprise américaine, elle reste un important marché pour de nombreux pays et l'euro arrive après le dollar en termes de monnaie d'échange universelle", a souligné Frederic Dickson, de D.A. Davidson.