La zone euro joue son avenir à Bruxelles

Gilles Wallon

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Deux missions, un pays qui brûle, et le temps qui presse.

Ce vendredi, à Bruxelles, s’ouvre un jour clé dans le feuilleton boursier qui secoue l’Europe depuis plusieurs semaines. Les dirigeants des pays de la zone euro se réunissent en sommet extraordinaire, avec un objectif double: stopper la crise... et en empêcher une prochaine.

L’enjeu est de taille. "Il en va de l’avenir de l’Europe", a même averti la chancelière allemande, Angela Merkel.

Des outils de "sanctions"

L’Union monétaire traverse une période noire. Le plan d’aide promis à la Grèce – qui devrait être formalisé aujourd’hui – n’a pas eu les effets escomptés: les Bourses doutent de la capacité du pays à redresser son économie.

Et elles s’inquiètent de la stabilité de l’Espagne ou du Portugal. Les répercussions se font sentir jusqu’au Etats-Unis, où Wall Street a plongé hier de plus de 3,2%.

L’heure semble donc venue de revoir les règles de fonctionnement de la zone euro. Comment éviter que ne se reproduisent les erreurs de la Grèce, qui a laissé exploser ses dépenses publiques pendant des années?

Pour Sarkozy et Merkel, la réponse est claire: il faut renforcer la rigueur budgétaire de tous les pays de l’UE, et donner à l’Europe des outils de «sanctions».

C’est ce que les deux dirigeants ont fait savoir dans une lettre commune. Le couple franco-allemand souhaite aussi "un cadre de résolution des crises": en clair, un nouveau texte de loi pour encadrer le sauvetage boursier des Etats. Mais les discussions risquent d’être animées.

Car nombreux sont ceux qui plaident pour la création d’un gouvernement économique européen apte à prendre des décisions rapides dans les situations de crise, et à imposer ses choix aux pays. Or la souveraineté économique des Etats est un sujet sensible. Et à seize, il n’est jamais facile de s’entendre.