Goldman Sachs sous le feu des questions du Sénat américain

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Le Sénat américain n'a pas été tendre avec les dirigeants de Goldman Sachs. Auditionnés dans le cadre de la plainte pour fraude, les patrons de la prestigieuse banque d'affaires américaine en ont pris pour leur grade.

Les sénateurs de la sous-commission permanente des enquêtes cherchent des explications sur les causes de la crise financières déclenchée en 2008.

Plainte pour fraude

Les gendarmes des marchés américains (SEC) et britanniques (FSA) accusent Goldman Sachs d'avoir volontairement mal géré les actifs immobiliers à risque, les fameuses subprimes, pour en tirer profit.

"Combien de ces affaires de merde avez-vous vendu à vos clients?", a demandé hier le président de la commission, le sénateur Carl Levin, à Daniel Sparks, l'ex-responsable de la division des prêts hypothécaires.

Le démocrate citait un courriel interne de Goldman Sachs, qui qualifiait lui-même de cette manière l'un des produits financiers vendus par la banque.

Ils nient en bloc

Le PDG de Goldman Sachs, Lloyds Blankfein, son directeur financier, David Viniar, le Français Fabrice Tourre et d'autres responsables ont nié en bloc tout au long de l'audition fleuve de 11h.

A l'époque des faits vice-président d'une unité de produits structurés chez Goldman Sachs, Fabrice Tourre avait déjà hier démenti "catégoriquement les allégations de la SEC", lors de son intervention préparée en avance.

Lors de l'audition, Lloyd Blankfein n'a aussi reconnu aucune faute. A la question de Carl Levin, "vous pariez contre les mêmes produits que vous vendez et cela ne vous dérange pas et vous espérez que les gens vont vous faire confiance?", il a répondu calmement: " je ne pense pas qu'il y ait une obligation de révélation".

Régulation de Wall Street

Le PDG de la banque a assuré que Goldman Sachs n'avait parié ni contre le marché immobilier ni contre ses clients, perdant au contraire 1,2 milliard de dollars dans les titres liés à l'immobilier résidentiel.

L'audition de mardi intervient à environ six mois des élections législatives de mi-mandat et en plein débat au Capitole sur une régulation de Wall Street. Les démocrates espèrent tirer profit du sandale autour de Goldman Sachs pour convaincre l'opinion publique de la nécessité d'encadrer les banques.

Lloyd Blankfein a d'ailleurs jugé cette réforme "essentielle" et affirmé qu'il la soutenait "globalement".