Contrefaçon: 6 milliards d'euros de pertes pour les entreprises françaises

Elsa Meyer
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 Articles de luxe, cigarettes, DVD, produits high-tech, médicaments, pièces    automobiles, jouets, boissons, cosmétiques: la contrefaçon n'épargne plus    aucun secteur dans le monde. 

 Selon un    rapport de l'Union des fabricants (Unifab) remis mardi à la ministre de    l'Economie, Christine Lagarde, le phénomène coûte de plus en plus cher, aux    Etats comme aux entreprises.  

 Avec des conséquences directes sur la santé et la sécurité des consommateurs. 

 "Crime du XXIe siècle" 

 Qualifiée de "crime du XXIème siècle", par l’Organisation Mondiale des Douanes    (OMD), rien ne semble pouvoir stopper la contrefaçon depuis plusieurs    années. Dans l'Union européenne, les saisis de produits contrefaits ont    ainsi été multipliées par sept entre 1999 et 2008. 

 

 Une explosion qui s'explique à la fois par "la baisse des coûts de transport,    l’implication de certaines compagnies maritimes, de transitaires ou de    société de containers; le développement des capacités productives de    certains pays, la montée d'Internet et l’insuffisante vigilance des Etats",    explique le rapport. 

 La Chine, "manufacture du faux" 

 Premier continent visé dans cette lutte contre la contrefaçon: l'Asie et    notamment la Chine. Devenu la "manufacture du faux", le pays est aujourd'hui    le premier acteur mondial dans ce domaine: près de 2/3 de ses exportations    concernent des produits contrefaits.  

 

 71 milliards d'euros par an 

 Et s'attaquer au phénomène s'avère d'autant plus nécessaire, selon l'Unifab,    qu'il représente un coût non négligeable pour les Etats, les entreprises,    les salariés et les consommateurs. 

 Entre les pertes économiques et fiscales et le coût de la lutte contre le    faux, la contrefaçon ferait ainsi perdre plus de 71 milliards d'euros par an    environ aux pays du G20.  

 Pour les seules entreprises françaises, les pertes atteignent plus de 6    milliards d'euros annuels de chiffres d'affaires, selon le rapport.  

 Lacoste estime par exemple perdre 228 millions d’euros par an, soit 6,2 % de    son chiffre d’affaires. Renault considère quant à lui que le préjudice    économique dépasserait les 130 millions d'euros annuels.  

 Image négative 

 Mais les pertes ne sont pas que financières. La contrefaçon a aussi un impact    très négatif sur l'innovation et la réputation des entreprises.   

 "La présence accrue sur les marchés de produits dont la sécurité n’est pas    assurée entraîne une image dégradée pour nos marques et un risque de    méfiance du consommateur", expliquait ainsi PSA Peugeot Citroën aux auteurs    de l'étude. 

 Destructions d'emplois 

 En cette période de montée du chômage, le développement de la contrefaçon a    également des conséquences directes sur l'emploi. L'Union européenne estime    que le faux ferait disparaître au minimum 100 000 postes par an, sur    l’ensemble du territoire.  

 Microsoft explique ainsi qu' "une simple baisse de 10 % du taux de piratage    des logiciels se traduirait [ndlr : pour l’ensemble du secteur] par la    création de 36 000 nouveaux emplois en France et de près de 864 000 dans le    monde", d'après le rapport.  

 Cinq axes de lutte 

 Les dégâts causés par la contrefaçon sont donc nombreux et clairement    identifiés. Mais comment lutter contre un phénomène mondial très volatil?  

 L'Unifab recommande aux pouvoirs publics d'agir sur cinq axes prioritaires:    améliorer la coopération internationale dans la lutte contre la contrefaçon,    renforcer les dispositifs juridiques, améliorer la réponse opérationnelle à    la contrefaçon, mieux sensibiliser les acteurs et l'opinion; et enrayer la    cybercontrefaçon sur la Toile.