Les salariés de Sodimatex prêts à mettre le feu

EM avec AFP

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Les salariés de l'équipementier automobile Sodimatex à Crépy-en-Valois (Oise) sont prêts à allumer la mèche. Ils menacent "d'incendier une citerne de gaz" pour réclamer un meilleur plan social dans leur usine vouée à la fermeture.

"Ils déclarent vouloir incendier une citerne de gaz. Ils souhaitent que le plan social soit augmenté", a indiqué la préfecture. "Ils réclament que des négociations se rouvrent avec la direction. L'Etat joue son rôle de médiateur".

Table ronde

Une table ronde doit se tenir vendredi entre le préfet, la direction du groupe et des représentants du Comité d'entreprise (CE).

La citerne, de quatre à cinq mètres de long, située à l'extérieur de l'usine, est entourée de palettes "prêtes à être allumées", selon les salariés.

"On ne sait pas comment ça va se finir. Les gens sont déterminés", a déclaré à l'AFP Eric Lemoine, de la CFDT de l'usine. "Les gens commencent à craquer", selon lui.

La fermeture de l'usine a été annoncée le 10 avril 2009. Depuis, les négociations sur le plan social entre la direction et les 92 employés de l'usine ont échoué.

21.000 euros

Les représentants des salariés ont été reçus début février à l'Elysée par un conseiller du chef de l'Etat, a expliqué M. Lemoine. "Il devait nous donner des nouvelles. On attend toujours", a-t-il déploré.

Les Sodimatex réclament notamment une prime extra-légale de 21.000 euros par salarié, et neuf mois de congé de reclassement alors que la direction en propose quatre.

Selon Eric Lemoine, le groupe Trèves, propriétaire de Sodimatex, a touché 55 millions d'euros de l'Etat dans le cadre du plan d'aide aux équipementiers automobiles. "Aujourd'hui, on veut laisser les salariés partir avec le minimum légal", a-t-il dénoncé.

"Les salariés demandent que la direction vienne à la table des négociations, mais pas les mains vides", a affirmé Alain Lebrun, secrétaire général de l'Union départementale CGT de l'Oise.

Xavier Mathieu, le leader CGT des salariés de l'usine Continental de Clairoix (Oise), est venu apporter son soutien jeudi soir "à des frères de lutte".