Le Fouquet's garde le même propriétaire

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Depuis 50 ans, Lina Renault, une ancienne maraîchère de 77 ans vivant en Côte-d'Or, tente de faire valoir les droits qu'elle revendique, avec ses frères Pierre et Michel, sur le luxueux immeuble haussmannien des Champs-Elysées qui abrite le Fouquet's.

Le 30 juin 2008, la fratrie avait été déboutée par la justice mais avait promis de "continuer à se battre" en faisant appel. Jeudi, la cour d'appel de Paris a confirmé cette décision.

70 millions d'euros

Les Renault considèrent leurs droits fondés sur un héritage remontant à la Comtesse Octavie de Coëtlogon, décédée en 1865 sans enfant, qui avait légué sa fortune à son mari et à un cousin germain, Joseph-Paul Mauprivez. Ce dernier avait lui-même transmis son héritage aux grands-parents des frères et soeur Renault.

En 2007, les Bourguignons avaient paru marquer un point puisque le premier bureau des Hypothèques de Paris avait publié l'attestation de propriété reconnaissant la transmission successorale et leur attribuant le prestigieux immeuble, d'une valeur de 70 millions d'euros.

Attestation immobilière versus titre de propriété

Cela n'avait pas été du goût de la société des Restaurants du Café de Paris (RCP) qui, détenant depuis 1929 des droits de propriété sur cet immeuble, avait assigné les Renault en justice.

En 2008, le TGI de Paris a finalement donné tort aux Renault en estimant qu'ils "ne démontrent pas de manière indubitable l'existence du droit de propriété qu'ils prétendent détenir" sur cet immeuble puisqu'une "attestation immobilière ne saurait constituer un titre de propriété".

De plus, la société RCP ayant, "depuis le 1er juillet 1929, pris possession de l'immeuble litigieux en qualité de propriétaire", "bénéficie de la prescription depuis le 1er juillet 1949", avait estimé le tribunal, invoquant le délai de 20 ans qui entérine tout droit de propriété non contesté pendant ce délai.

La moitié des Champs-Elysées

Jeudi, la cour a confirmé ce jugement, provoquant le dépit dans le clan des Renault. "On va continuer le combat et aller en cassation. On revendique toujours le Fouquet's", réagissait le mandataire et conseiller de Lina Renault, Laurent Montangon.

Parallèlement à ce combat judiciaire pour récupérer le Fouquet's, Lina Renault réclame des droits sur "la moitié des Champs-Elysées". En effet, selon elle, le legs dont elle a hérité et qui aurait été "détourné" par des notaires à la fin du 19e siècle, comprend aussi deux importantes parcelles de terrain sur la plus belle avenue du monde.

La Bourguignonne a d'ailleurs écrit au président Nicolas Sarkozy pour lui demander d'intervenir et de nommer un administrateur...