Europe: Berlin ne veut pas sacrifier sa compétitivité

EM avec AFP

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L'Allemagne n'a pas l'intention de freiner sa compétitivité pour développer celle de ses partenaires européens.

Face aux critiques de Christine Lagarde sur la stratégie économique allemande, Berlin est catégorique. Oui à plus de convergence en Europe dans ce domaine mais non à une modération de son activité économique.

Critiques de la France

"Il est plus profitable de réfléchir ensemble à une stratégie de croissance, plutôt que d'obliger certains à se retenir artificiellement", a ainsi réagi lundi le porte-parole de la chancelière Angela Merkel.

Dans un entretien au Financial Times, Christine Lagarde a critiqué lundi la politique allemande de réduction des coûts du travail pour dégager un excédent commercial à faire pâlir d'envie ses voisins.

La ministre de l'Economie a estimé que Berlin pourrait au contraire stimuler sa demande intérieure pour permettre aux pays européens en difficultés économiques et budgétaires, comme la Grèce, de retrouver de la compétitivité.

Egalisation par le haut

Mais pour le porte-parole de la chancelière, la question n'est pas de savoir comment l'Allemagne peut se freiner pour aider ses partenaires mais plutôt comment ces derniers peuvent atteindre le même niveau de compétitivité.

Les reproches adressées par Christine Lagarde ne sont pas nouvelles. Depuis plusieurs années, les bas salaires allemands ont permis aux produits "made in Germany" d'être plus compétitifs que leurs concurrents sur les marchés mondiaux.

Bas salaires

Dans le même temps, la retenue des consommateurs outre-Rhin a freiné les importations. L'Allemagne affiche ainsi des excédents commerciaux bien supérieurs à ceux de ses voisins.

Et la situation ne semble pas prête de s'inverser. Berlin a réaffirmé qu'il n'était pas "un pays qui décrète les salaires ou la consommation".

L'Allemagne ne dispose en effet d'aucun salaire minimum généralisé et les syndicats ont accepté dans les années 90 des rémunérations relativement basses pour préserver l'emploi, alors que l'industrie était en pleine restructuration.

Même si d'autres leviers que les salaires existent pour stimuler la consommation intérieure et l'investissement, comme la fiscalité, Berlin ne semble pas disposer à les utiliser.

Les Libéraux, membres du gouvernement d'Angela Merkel, pourtant favorables à des baisses d'impôts massives, sont prêts à repousser à 2012 la prochaine vague d'allègements fiscaux.