Bruxelles demande à Berlin d'encourager sa demande intérieure

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Dans le conflit qui oppose la France à l'Allemagne, Bruxelles a tranché. La Commission européenne a appelé mercredi Berlin à doper sa demande intérieure, tout comme la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, il y a quelques semaines.

Pour la Commission, la crise économique, la situation budgétaire de la Grèce ou d'autres pays européens, ont montré que l'Europe avait besoin de plus de coordination entre les Etats membres.

Aplanir les différences

L'exécutif européen a jugé dans un rapport que les pays de la zone euro devaient aplanir les certaines différences importantes de compétitivité entre eux, source de "préoccupation potentielle. Et notamment les divergences entre des pays en surplus de leurs comptes courants, comme l'Allemagne, et d'autres comme la Grèce, qui souffrent de déficits importants.

"Dans certains pays en surplus", la "faiblesse persistante de la demande intérieure" est "une source de préoccupation pour la zone euro dans son ensemble ainsi que pour la santé de ces pays eux-mêmes", indique le rapport, dans une allusion à des pays comme l'Allemagne.

"Nous ne disons pas que ces pays sont trop compétitifs. Au contraire, les Etats membres devraient s'efforcer d'être aussi compétitifs que possible", poursuit la Commission.

"Cependant, pour que la croissance soit équilibrée, les succès à l'exportation devraient se traduire en une forte demande intérieure, stimulant ainsi également les importations", estime-t-elle. "La faiblesse structurelle de la demande intérieure doit être identifiée et traitée".

Critiques de Paris

Christine Lagarde avait également estimé que la stratégie allemande de réduction des coûts du travail pour dégager un excédent commercial n'était plus tenable pour l'ensemble des pays européens.

Face à la crise grecque et à la situation budgétaire d'autres pays européens, la ministre avait considéré que Berlin devait notamment encourager le développement de sa demande intérieure pour soutenir les industries exportatrices de ses partenaires en difficultés.

Ces propos avaient irrité Berlin qui ne voyait pas pour quelles raisons elle dervait sacrifier sa compétitivité. "Il est plus profitable de réfléchir ensemble à une stratégie de croissance, plutôt que d'obliger certains à se retenir artificiellement", avait indiqué un porte-parole d'Angela Merkel.