Sarkozy veut convaincre Merkel de soutenir le plan européen de relance

E24 avec AFP

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Nicolas Sarkozy va tenter lundi 24 novembre à Paris de convaincre Angela Merkel d'engager l'Allemagne dans un plan de relance européen. La chancelière allemande s'est montrée jusque là assez réticente à cette idée.

Alors que la zone euro est officiellement entrée en récession pour la première fois de son histoire, le 10e conseil des ministres franco-allemand qui se réunit à l'Elysée sera quasi-exclusivement consacré à la situation économique difficile des deux voisins et aux remèdes à y apporter.

Le plan de l'UE

Conformément aux recommandations adoptées par les 20 "grands" de la planète le 15 novembre, la Commission européenne s'apprête à dévoiler mercredi ses propositions pour un programme de soutien à l'économie des 27.

Selon des indiscrétions de Berlin que Bruxelles et Paris se sont jusque-là refusées à confirmer, ce "paquet" totaliserait 130 milliards d'euros, soit l'équivalent de 1% de la richesse des pays de l'Union européenne (UE). Nombre de ses membres réclament ce plan de relance continental, qu'ils s'apprêtent à accompagner d'une série de mesures nationales.

"Pas un sous de plus"

En présentant son "fonds souverain" à la française, le président en exercice de l'UE, Nicolas Sarkozy, a milité pour une "stratégie offensive" et promis pour "les prochaines semaines" un plan français de "relance des infrastructures".

Mais, avant même d'être présentée, l'initiative européenne bute déjà sur les réticences de l'Allemagne, fer de lance économique des 27. Car si elle a volontiers soutenu le principe d'une relance européenne, Angela Merkel refuse pour l'heure d'ouvrir son porte-monnaie pour y participer.

Au nom d'une stricte orthodoxie financière, la chancelière a fait savoir qu'elle ne voulait pas "verser un sou de plus". En clair, Berlin estime avoir déjà "fait son devoir" européen en engageant 32 milliards d'euros sur deux ans pour son économie, et refuse de remettre en cause son quasi-équilibre budgétaire pour jouer les locomotives du continent.

Indispensable

Depuis le début de la crise financière, l'Allemagne s'est déjà illustrée en plusieurs occasions en freinant les velléités européennes. Elle a ainsi longtemps refusé, avant de s'y rallier, un plan européen de sauvetage des banques et continue à s'opposer fermement à l'idée de "gouvernement économique européen" poussée par Nicolas Sarkozy.

Malgré ces "nein" répétés, le locataire de l'Elysée compte bien obtenir lundi un "ja" de sa partenaire au plan de relance de la Commission, dont il a peaufiné jeudi soir les détails avec son président, José Manuel Barroso.

"On ne veut rien imposer à l'Allemagne, mais elle s'est prononcée à Washington pour la relance de toutes les économies, y compris la sienne", rappelle l'Elysée. "Si chaque pays décide dans son coin (...) l'impact psychologique en terme de restauration de la confiance sera bien moindre qu'une décision prise à 27", argumente-t-on.

Avant de se rendre à Londres le 8 décembre pour en discuter avec le Premier ministre britannique, Gordon Brown, le chef de l'Etat français estime donc indispensable l'appui d'Angela Merkel pour faire adopter un "paquet" européen de relance ambitieux lors du Conseil européen de la mi-décembre.

Optimiste, l'Elysée juge que "les choses sont en train d'évoluer lentement" à Berlin en faveur d'une "relance ciblée" à l'échelle des 27. Et préfère imputer ces difficultés à la situation politique intérieure allemande plutôt qu'à une nouvelle fâcherie avec la chancelière.