Avions ravitailleurs: 60 jours supplémentaires pour EADS

EM avec AFP

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Le Pentagone est prêt à donner 60 jours de délai supplémentaire à EADS dans le cadre de l'appel d'offre pour ses avions ravitailleurs. L'avionneur espérait cependant 30 jours de plus pour concourir face à Boeing.

Pressions européennes

Cette annonce, faite au lendemain d'une rencontre à Washington entre le président américain Barack Obama et son homologue français Nicolas Sarkozy, a provoqué la colère de certains parlementaires américains qui ont accusé la Maison Blanche d'avoir cédé aux pressions européennes. Mais Pentagone s'est défendu d'avoir pris sa décision en fonction de considérations politiques.

"Le département de la Défense a informé EADS et Boeing que si nous recevons une notification formelle de la part d'EADS exprimant leur intention de faire une offre, nous repousserons la date de clôture du 10 mai au 9 juillet", a annoncé le porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell, lors d'une conférence de presse.

90 jours

Ce délai est inférieur aux 90 jours réclamés par EADS pour présenter une offre, pour ce contrat estimé à 35 milliards de dollars.

Le groupe d'aéronautique et de défense européen a annoncé qu'il allait "réfléchir", tout en rappelant dans un communiqué avoir "fermement dit qu'une extension de 90 jours du délai pour participer à l'appel d'offre serait le minimum de temps nécessaire pour préparer une proposition responsable".

"Prolongement raisonnable"

"Nous estimons que 60 jours constituent un prolongement raisonnable dans ce cas", a souligné M. Morrell, en assurant que le Pentagone comptait toujours annoncer le résultat de la compétition "en début d'automne".

Depuis plusieurs années, l'appel d'offres pour la fourniture de 179 avions ravitailleurs à l'armée américaine est source de polémiques entre l'Europe et les Etats-Unis. Il avait été attribué une première fois à Boeing en 2003, puis une deuxième fois à Airbus (EADS) et son allié américain Northrop Grumman en 2008. A chaque fois, cette décision avait cependant été annulée.

Début mars, Airbus avait finalement dû renoncer à participer à l'appel d'offres après le retrait de son partenaire Northrop, qui dénonçait une compétition biaisée en faveur de Boeing.

Cette défection laissait l'avionneur de Chicago seul en course. Cette situation avait provoqué la colère des capitales européennes qui avaient dénoncé les "tentations protectionnistes" américaines.