Cacophonie autour du fonds monétaire européen

Tv avec agences

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Créer un fonds monétaire européen sur le principe du FMI. L'idée est du ministre allemand de l'Economie, Wolfgang Schäuble et est soutenue par Angela Merkel et la plupart des dirigeants européens mais ne plaît guère à la BCE et à la Banque centrale allemande. Une véritable cacophonie de l'exécutif européen.

Un tel fonds permettrait à des pays de la zone euro en difficulté comme la Grèce d'emprunter à des taux bonifiés. Mais, "un tel mécanisme ne serait pas compatible avec les fondements de l'Union monétaire", où chaque pays doit porter la responsabilité de ses dettes, et risquerait de "saper l'acceptation de l'euro", a mis en garde le chef économiste de la BCE, Jürgen Stark, dans une tribune de presse à paraître mardi.

Pas de sauvetage automatique

Selon Axel Weber, membre de la Banque centrale européenne et patron de la Bundesbank, "toute discussion sur des renflouements est complètement contreproductive, la Grèce doit se concentrer sur la mise en œuvre des projets de réforme budgétaire".

"La clause interdisant les sauvetages est un élément essentiel du cadre de l'Union européenne", a-t-il souligné. "Il est peu utile de discuter des façons d'institutionnaliser l'aide lorsque la question est de savoir comment mettre en œuvre les réformes budgétaires".

Pour répondre à ces critiques, Angela Merkel met en avant la nécessité de fortes contreparties pour le pays qui se serait aidé.

Mécanisme de sanctions

La chancelière allemande a demandé que le Fonds monétaire européen comporte un mécanisme de "sanctions" renforcées contre les pays laxistes. Selon la presse allemande, Berlin songe à des suppressions de subventions européennes ou encore à un retrait temporaire du droit de vote lors de réunions ministérielles de l'UE.

Cette discipline financière entraînerait une modification des traités mais la France est encore réservée car cela impliquerait une procédure très lourde.

Le système actuel pour encadrer les déficits, le Pacte de stabilité européen, est jugé largement inopérant par les experts. Les pénalités financières qu'il prévoit en théorie n'ont jamais été appliquées.

Le FME n'est pas jugé pour l'heure "une priorité" selon la France. Les Européens n'étant d'ailleurs pas prêts à accorder leurs violons. "C'est pour éviter ce qui se passe maintenant, où chacun propose une idée différente, parfois au sein du même gouvernement deux idées différentes, que nous ne voulons pas nous précipiter", a déclaré José Manuel Barroso devant le Parlement européen.

Mais l'idée est en bonne voie. "La Commission est prête à proposer un tel instrument européen qui a le soutien des membres de la zone euro", a indiqué le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, dans une interview publiée lundi.