Athènes met en place une cure d'austérité sans précédent

Elsa Meyer

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Le gouvernement grec a annoncé ce week-end un durcissement de sa cure d'austérité en contrepartie du plan d'aide de l'UE et du FMI.

Cette thérapie de choc doit permettre d'économiser 30 milliards d'euros sur trois ans pour ramener le déficit public sous le seuil européen des 3% du PIB d'ici 2014.

En mars, le gouvernement socialiste grec avait déjà annoncé un plan drastique. Le nouveau dispositif a durci l'ensemble des mesures.

Les fonctionnaires au pain sec et à l'eau

Les fonctionnaires sont les premiers visés par cette cure d'austérité.

Leurs 13 et 14e mois de salaire seront supprimés et compensés par une prime annuelle de 1.000 euros pour les rémunérations inférieures à 3000 euros brut.

Le système des retraites modifié

Comme pour le privé, les 13 et 14e mois des retraites du public disparaîtront également. En contrepartie, une prime annuelle de 800 euros sera mise en place pour les pensions de moins de 2.500 euros.

Le gouvernement va également instaurer un âge minimum de départ à la retraite à 60 ans et allonger la durée de cotisation de 40 annuités d'ici 2015, contre 37 actuellement.

L'âge légal de départ en retraite des femmes va aussi reculer de cinq ans, à 65 ans d'ici 2013.

Hausse de la TVA et d'autres taxes pour tous les Grecs

Pour ramener plus de 7,8 milliards d'euros sur deux ans dans les caisses publiques, Athènes va également augmenter ses recettes fiscales.

La TVA va à nouveau connaître une hausse de deux points, de 21 à 23%. Les taxes spéciales sur la consommation, l'alcool ou le tabac vont également augmenter.

Le gouvernement compte aussi mettre en place une série de nouveaux impôts sur les constructions illégales, les jeux d'argent ou les bénéfices des entreprises.

Baisse des dépenses de l'Etat et réforme du droit du travail

La Grèce veut enfin réduire ses dépenses publiques pour des économies de 7,6 milliards d'euros d'ici 2012.

L'Etat va notamment diminuer ses investissements et ses dépenses de fonctionnement.

Le plan prévoit également des mesures pour renforcer la flexibilité du marché du travail, faciliter les licenciements et ouvrir à la concurrence une série de professions protégées.

Grève générale à prévoir

La cure d'austérité est donc radicale et la pilule s'annonce difficile à avaler pour les Grecs

"Ce sont les mesures les plus injustes et les plus dures de l'histoire moderne de la Grèce (...) Elles vont aggraver la récession et plonger l'économie dans un coma profond", a affirmé Yannis Panagopoulos, président de la la grande centrale syndicale grecque du secteur privé (GSEE) qui revendique un million d'adhérents.

Dès mercredi, les syndicats du pays appellent à une nouvelle grève générale pour faire barrage à ces mesures "antisociales".