Heuliez: Estrosi et Royal se renvoient la balle

EM avec AFP

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Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a accusé jeudi Ségolène Royal d'effrayer au lieu de rassurer les investisseurs intéressés par l'équipementier automobile Heuliez.

"Prenez de la hauteur"

"Mme Royal est en train de faire peur et d'inquiéter", a-t-il déclaré dans un entretien à Radio Classique. Il répondait ainsi à des attaques de la présidente PS de Poitou-Charentes dont il avait été lui-même la cible.

Heuliez "n'est pas une entreprise publique. Que le ministère de l'Industrie se soit autant mobilisé - avec l'ensemble du gouvernement, sur ce dossier - on n'a pas toujours vu ça par le passé", a-t-il souligné.

"Je dis à Mme Royal : prenez de la hauteur. Soyez une responsable d'une présidence de région qui soit digne de ce nom, qui démontre que les 5 millions d'euros qu'elle a promis sont bien au rendez-vous en même temps que les 10 millions d'euros de l'Etat, et qu'ensemble nous apportions une attitude rassurante à un certain nombre d'industriels et d'investisseurs potentiels", a-t-il expliqué.

Avenir sombre

Peu auparavant, Mme Royal avait accusé le ministère de l'Industrie de "se moquer des salariés d'Heuliez", sur RMC et BFM TV.

Mme Royal "n'a cessé de tricher, de mentir, sur ce dossier", lui a rétorqué M. Estrosi. "Moi je n'ai jamais rien promis. Le problème c'est qu'elle, elle a promis, (...) c'est que Mme Royal s'est promenée bras dessus, bras dessous dans des assemblées générales avec (l'ex-repreneur potentiel Louis) Petiet, qui n'a jamais apporté un million d'euros à Heuliez", a-t-il affirmé.

Cette passe d'armes intervient alors que l'avenir de l'équipementier automobile s'assombrit à nouveau.

Il y a quelques mois, Heuliez avait cru être sauvé par le cabinet de conseil BKC (Bernard Krief Consulting), dirigé par Louis Petiet, mais ce dernier s'est finalement avéré incapable de verser les fonds promis. L'homme d'affaires turc Alphan Manas avait alors redonner de l'espoir aux 600 salariés en indiquant son intention de reprendre l'entreprise.

Mais il a annoncé hier qu'il n'avait finalement l'intention de n'acheter que 15% du capital d'Heuliez. Christian Estrosi a jugé cette offre "insuffisante".