La dette de la France atteint 1.489 milliards d'euros

TV avec AFP

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La dette publique de la France s'élevait fin 2009 à 1.489 milliards d'euros. Elle progresse de 10 points de PIB en un an passant de 67,5% du produit intérieur brut en 2008 à 77,6% en 2009, selon les premiers résultats publiés mercredi par l'Insee .

Après avoir atteint 1.000 milliards d'euros fin 2003, la dette publique aurait dépassé 1.500 Md€ au tout début de 2010 et pourrait atteindre 2 000 Md€ en 2013. Attendue à 83,2% du PIB cette année, la dette publique progresserait quant à elle jusqu'à 87,1% en 2012. La dette restera supérieure de plus de 20 points de PIB au niveau fixé par le pacte de stabilité, à 60%.

Le déficit public de la France (budget de l'Etat, collectivité et sécurité sociale) a plus que doublé en % de PIB. Il est passé de 3,4% en 2008 à 7,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2009, à 144,8 milliards d'euros.

Dans ses dernières prévisions officielles, le gouvernement tablait sur un nouveau record de déficit public (Etat, comptes sociaux et collectivités locales) en 2010, à 8,2% du PIB, avant de le ramener progressivement à 3% en 2013 comme Bruxelles l'exige.

La faute à la crise?

Selon un communiqué des ministères de l'Economie et du Budget, la dégradation du déficit public par rapport à 2008 est "intégralement liée aux effets de la crise mondiale" qui a provoqué une baisse des recettes fiscales et nécessité des dépenses supplémentaires pour soutenir la croissance économique.

Une vision contestée par la Cour des comptes qui, dans son rappport annuel 2010, pointe aussi la maîtrise insuffisante des dépenses publiques.

La Cour estime que "la dégradation de 4,6 points de PIB du déficit entre 2008 et 2009 peut être expliquée par la crise et les mesures prises pour y faire face à hauteur d’environ 4,0 points de PIB. La différence de 0,6 point de PIB tient à la croissance des dépenses, hors plan de relance, et aux mesures de baisse des prélèvements obligatoires."

Ces dépenses viennent gonfler le déficit structurel, celui qui ne peut pas être réduit par le retour de la croissance. "Cette hausse du déficit structurel le porte au-delà de 4 %. Le déficit public d’environ 8 % du PIB annoncé pour 2009 est donc au moins pour moitié de nature structurelle", explique la Cour.