Heuliez pas encore sauvé d'affaire

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L'homme d'affaires turc

Alphan Manas
a proposé d'acheter 15% du capital de l'équipementier automobile français Heuliez, en difficulté depuis des mois, avec deux partenaires turcs, a-t-il annoncé mercredi dans un communiqué reçu à Paris.

"Avoir 15% du capital d'Heuliez va laisser la place à d'autres investisseurs, notamment des fonds d'investissement", précise le communiqué d'Alphan Manas. "Cela va aussi permettre à l'encadrement et aux salariés d'Heuliez de prendre une participation dans l'entreprise", poursuit-il.

Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a jugé mercredi "insuffisante" l'offre de l'homme d'affaires turc Alphan Manas en marge d'un salon professionnel à Paris.

"Insuffisant"

Alphan Manas, à la tête du fonds d'investissement Brightwell et d'un groupe industriel présent aussi bien dans le solaire, les bateaux de plaisance que dans l’électronique, avait signé mi-mars un protocole d'accord pour prendre une participation dans Heuliez, en grande difficulté depuis plus d'un an.

L'offre, dont le montant n'est pas précisé, a été déposée conjointement par Manas Energy Investments, une société codétenue par Alphan Manas, le fabricant turc de batteries Inci Akü et un équipementier turc, B Plas. Elle porte à la fois sur 15% des parts de l'équipementier et sur la marque de véhicule électrique d'Heuliez, "Mia". Le projet prévoit que la production de la Mia soit réalisée dans l'usine d'Heuliez à Cerizay (Deux-Sèvres) et que les nouveaux modèles électriques soient dessinés en Turquie.

Recherche d'investisseurs

Il y a quelques mois, l'équipementier avait cru être sauvé par le cabinet de conseil

BKC
(Bernard Krief Consulting), dirigé par Louis Petiet, mais ce dernier s'est finalement avéré incapable de verser les fonds promis. Les pouvoirs publics, très impliqués dans le dossier sur fond d'élections
régionales
en Poitou-Charentes, s'étaient alors lancés à la recherche de nouveaux investisseurs pour éviter un nouveau dépôt de bilan et sauver les 600 emplois d'Heuliez.

Le Conseil régional, présidé par Ségolène Royal (PS), a d'ailleurs déjà injecté 5 millions d'euros dans Heuliez et le Fonds stratégique d'investissement (FSI), créé l'an dernier pour prendre des participations dans des entreprises, pourrait apporter 10 millions d'euros.