La Grande-Bretagne pourrait baisser sa TVA

E24 avec AFP

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La mesure-phare du budget qui sera présenté lundi 24 novembre par le gouvernement britannique sera une baisse temporaire d'au moins deux points de pourcentage de la TVA, annoncent les journaux britanniques. La TVA, actuellement à 17,5%, pourrait être abaissée jusqu'au minimum admis par l'Union européenne, 15%, assurent le Times, l'Independent et le Sunday Telegraph.

15 milliards d'euros par an

La mesure, annoncée par le ministre des Finances, Alistair Darling, dans le cadre de son pré-budget 2009/10, serait en vigueur pour Noël. Elle serait toutefois temporaire, et la TVA serait ramenée au niveau actuel d'ici deux ans au plus, quand la situation économique s'améliorera. Cette baisse de TVA coûterait 12,5 milliards de livres (15 milliards d'euros) par an au budget britannique.

Les journaux indiquent que le budget comprendra aussi d'autres mesures, comme l'extension d'un abattement de 120 livres par an consenti aux contribuables les plus modestes, un report de l'augmentation de la vignette sur les automobiles, la suppression du projet d'augmenter le taux de l'impôt sur les plus petites sociétés, et une grâce de trois mois avant les procédures judiciaires pour les personnes ne parvenant pas à payer leur crédit immobilier. Le gouvernement devrait aussi prononcer une exemption d'impôts sur les dividendes étrangers, pour empêcher les grandes multinationales d'être tentées de déménager à l'étranger.

Cession d'actifs

Le paquet fiscal dévoilé par Alistair Darling devrait tourner autour de 18 à 20 milliards de livres au total, soit un peu plus d'un point de PIB. Ce paquet n'ira donc pas jusqu'aux deux points de PIB (30 milliards de livres) que la presse avait évoqué précédemment. Il sera financé par l'endettement, avec un déficit qui pourrait monter à 10% du PIB dans les trois ans, estiment les journaux, soit bien plus que les 3% imposés par les règles européennes.

L'Independent assure que d'autres mesures surprise ne sont pas à exclure lundi, comme une prolongation de l'exemption de droit de timbre sur certains biens immobiliers, ou une baisse du taux de l'impôt sur les sociétés. Une baisse du taux de l'impôt sur le revenu semble cependant exclue, selon le journal.

Selon le Sunday Times, le gouvernement devrait aussi annoncer lundi la cession de certains de ses actifs pour financer la relance. Outre le centre de conférences Queen Elizabeth II à Londres, l'Etat pourrait céder le Met office, les services météorologiques britanniques, l'agence nationale de cartographie Ordnance survey ou encore la Forestry commission, gestionnaire des forêts nationales, croit savoir le journal.

Orgie d'emprunt

Le leader de l'opposition conservatrice David Cameron, qui prône une politique budgétaire plus économe, a dénoncé "une orgie d'emprunt" qui devra forcément être épongée par une forte hausse des impôts dans le futur. David Cameron a estimé que le gouvernement allait emprunter quelque 80 milliards de livres (95 milliards d'euros) cette année fiscale, avant même le début de la récession, et peut-être 100 milliards de livres (119 milliards d'euros) l'an prochain. "Donc j'ai une réelle inquiétude sur cette orgie d'emprunt dans laquelle le gouvernement s'est engagée et qui, il l'a lui même admis, va déboucher sur des impôts bien plus élevés plus tard", a mis en garde David Cameron.