Crise de la zone euro: l'AMF ouvre une enquête sur les spéculations

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Les spéculateurs n'ont qu'à bien se tenir. Le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, a décidé d'enquêter sur les "rumeurs infondées" qui ont déstabilisé l'Espagne et l'Italie.

Les Bourses mondiales ont dégringolé ces derniers jours dans la crainte d'une contagion de la crise grecque à d'autres pays européens.

"Il y aura enquête et sanctions"

"Que ce soit des banques françaises, que ce soit des banques étrangères qui opèrent à Paris, que ce soit des fonds à Paris, à Berlin, à Londres, peu m'importe. Dès que j'aurai des informations de spéculation, dès que j'aurai, par tous moyens, des comportements de marchés anormaux, il y aura enquête et sanctions", a affirmé M. Jouyet sur i-TELE.

"Le secrétaire général de l'AMF Thierry Francq, qui est en contact avec ses collègues régulateurs (NDLR : européens) aujourd'hui, ouvrira les enquêtes nécessaires. On tapera sur les doigts de tous ceux qui se sont mal comportés", a-t-il poursuivi.

Et s'il s'agit d'établissements aidés par l'Etat au moment de la crise économique, ce ne sera rien moins qu'"un pur scandale", a-t-il ajouté.

Rumeurs infondées

Depuis quelques jours, des rumeurs infondées ont été lancées sur les marchés financiers à propos de la situation financière de l'Espagne et l'Italie. Pourtant démenti, le bruit courait que Madrid aurait besoin à son tour d'un gigantesque plan de sauvetage de la part de l'UE et du FMI.

Une situation qui a fait dégringoler l'euro et monter les taux auxquels l'Espagne peut emprunter de l'argent sur les marchés

Un dîner contre l'euro

Le 8 février dernier, le Wall Street Journal avait aussi révélé que le gotha de la finance mondiale se serait réunie à New York au cours d'un dîner pour parier sur une baisse de l'euro jusqu'à la parité du dollar (soit 1 euro pour 1 dollar).

Les autorités américaines et européennes enquêtent sur cette possible entente entre les grands investisseurs.

Surveiller les comportements

Face aux "rumeurs qui portent atteinte à la sécurité des Etats, à la crédibilité d'une zone souveraine qui est la zone euro", M. Jouyet entend donc utiliser "tous les moyens pour rétablir la loi et des comportements rationnels" et surveiller systématiquement les comportements des opérateurs en cas de rumeurs.

Il a ajouté qu'il demanderait à la Direction centrale du Renseignement intérieur des informations sur "tout ce qui pourrait avoir été échangé en termes de mail, de texto, tout ce qui aura pu être rapporté sur des bulletins internes de banques, de fonds".

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde avait précisé jeudi qu'elle avait demandé à l'AMF "de lancer des enquêtes chaque fois qu'il aura le moindre soupçon". Le président de la commission européenne, José Manuel Barroso, a également affirmé hier que Bruxelles n'hésitera pas à sévir pour contenir la spéculation.