Grèce: les marchés financiers s'affolent et l'euro dégringole

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Après un mardi noir, mercredi ne serait pas d'une couleur bien différente. Les marchés financiers et l'euro étaient toujours plombés aujourd'hui par les craintes d'un défaut de paiement de la Grèce.

Affolement

Preuve en est: le coût auquel Athènes peut emprunter de l'argent sur le marché obligataire a explosé. Les taux des obligations grecques on atteint un nouveau record à plus de 11%, du jamais vu pour un pays de la zone euro.

Le Portugal subit aussi la méfiance des marchés après la dégradation de sa note souveraine, hier, par l'agence de notation Standard & Poor's

Les taux longs à dix ans du pays sont mercredi à 5,936% contre environ 4,7% la veille au soir.

Et ce vent de panique commence aussi à toucher d'autres pays ce qui fait craindre à l'Europe un risque de contagion. L'Espagne ou l'Irlande, deux des quatre Etats européens surnommés les PIIGS en raison de leur déficit élevé, sont aussi sous pression.

"Les projecteurs vont maintenant se tourner vers d'autres pays lourdement endettés de la zone euro, et les investisseurs vont probablement exiger des primes de risque plus élevées pour acheter des obligations d'Etat", a prédit Koon Goh, économiste chez ANZ Bank à Wellington, cité par Dow Jones Newswires.

10 mai prochain

De Wall Street à Tokyo, le moral était aussi en berne sur les principales places financières qui ont accusé de lourdes pertes mardi. Et l'euro est tombé mercredi à 1,3143 dollar, un nouveau plus bas depuis un an.

Pour rassurer les marchés, la Banque centrale européenne et Bruxelles ont assuré qu'aucun pays n'était sur le point de faire défaut, c'est-à-dire dans l'incapacité de rembourser ses dettes.

Le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, a convoqué un sommet européen le 10 mai prochain pour enfin activer le plan d'aide demandé la semaine dernière par Athènes. Ce dernier prévoit jusqu'à 45 milliards d'euros de prêts sur trois sn de la part des pays de la zone euro et du FMI.

Réticences allemandes

Mais si Bruxelles et le Fonds veulent aller vite, l'Allemagne freine des quatre fers. Le pays demande à la Grèce des mesures d'austérité supplémentaires.

Chantre de la rigueur budgétaire, le gouvernement doit aussi faire face le 9 mai prochain à une élection régionale cruciale pour la coalition au pouvoir. La chancelière Angela Merkel veut donc ménager une opinion publique très réticente à mettre la main au porte-monnaie pour les aider les Grecs.

Le calendrier est cependant serré: Athènes doit rembourser quelque 8,5 milliards d'euros le 19 mai prochain et ne peut plus emprunter sur les marchés vu les taux pratiqués.

Barroso rassure

Le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso a affirmé mercredi à Tokyo que les Etats européens, la Commission et la Banque centrale européenne (BCE) étaient "déterminés à garantir la stabilité de la zone euro".

"Dans mon esprit, il n'y a aucun doute qu'une réponse sera apportée à temps aux besoins de la Grèce", a-t-il déclaré. "La restructuration de la dette (de la Grèce) n'est pas une option", a-t-il aussi rappelé.