Ghosn dément son départ pour General Motors

E24 avec AFP

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Le PDG des constructeurs français Renault et japonais Nissan, Carlos Ghosn, a "démenti complètement" des informations sur sa possible arrivée à la tête du groupe américain General Motors, mardi en marge d'un lors d'un symposium France-Japon organisé par la Chambre de commerce de Paris. "Je démens complètement", a-t-il dit à des journalistes.

Le Wall Street Journal avait affirmé lundi que Carlos Ghosn figurait parmi la liste de successeurs possibles pour remplacer le PDG de General Motors, Rick Wagoner, si celui-ci devait être évincé de son poste.

Concentrations

Interrogé sur d'éventuelles discussions avec des constructeurs sur la consolidation du secteur automobile, le PDG de Renault et Nissan a indiqué qu'il y avait "aucune discussion, rien en cours". Il a estimé que la crise financière allait "pousser à des concentrations" dans l'automobile et dans l'industrie en général. Mais "la situation actuelle ne favorise pas les grands mouvements stratégiques", a-t-il ajouté. Et puis, "en ces temps de crise du crédit, toutes les entreprises sont focalisées sur leur cash, donc elles ne vont pas se lancer dans des fusions-acquisitions", a fait remarqué le patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn.

"La crise est d'abord et surtout financière et elle est en train de générer une récession économique massive", a-t-il dit, en prévoyant que cette crise "va probablement pousser à des concentrations de plus en plus fortes". Il a expliqué que ce mouvement est porté par le fait que les technologies dans l'automobile sont "de plus en plus coûteuses" et qu'un constructeur "ne peut se permettre seul" les investissements nécessaires. A terme, il va donc y avoir "beaucoup moins" de constructeurs qu'aujourd'hui, selon le patron de Renault-Nissan, avec "des marques différentes" mais des "pôles de technologie". Il a ajouté ne pas savoir "s'il y en aura quatre, cinq ou six".

Carlos Ghosn a estimé que cette crise constituait "aussi une opportunité" pour un groupe comme Renault-Nissan. "L'Alliance va devenir un pôle autour duquel risque de se passer une partie de la consolidation de l'industrie automobile", a-t-il jugé. Il a rappelé avoir "toujours dit que l'Alliance n'avait absolument pas vocation à rester à deux" et que l'"on pouvait continuer à deux, mais que s'il y avait de bonnes opportunités" d'élargir l'Alliance, "on le ferait".

Baisse

Carlos Ghosn a estimé que les ventes de voitures dans le monde pourraient baisser à 66 millions en 2008, puis 62-63 millions en 2009, après 70 millions en 2007. Mais "ça repartira" ensuite, a-t-il dit, car l'automobile reste "irremplaçable" et "la croissance va continuer" alors que des pays comme la Chine ou l'Inde ont encore des faibles taux d'équipement en voitures.