Crise de la dette: les fonctionnaires grecs passent à la moulinette

AFP

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La puissance et le mécontentement du syndicat des fonctionnaires grecs (Adedy, qui revendique près de 300.000 membres) risquent de faire capoter le plan grec d'économies qui leur demande de gros sacrifices pour éponger la dette rapidement.

A deux jours de la première grève nationale du secteur public contre cette cure de rigueur, sous le slogan "L'addition doit aller aux possédants", la Fédération, influente dans un pays qui compte plus de 700.000 employés dans le secteur public, dénoncent une baisse des salaires réels, un coup de frein aux embauches et une suppression des privilèges fiscaux.

Selon son président, Spyros Papaspyros, les seules coupes salariales vont faire baisser de 5 à 20% les revenus des fonctionnaires. Le gouvernement doit présenter ces prochains jours le détail de ces réductions, surtout censées frapper les plus hauts salaires, tandis que les syndicats sont aussi dans l'attente d'annonces sur la réforme fiscale et la refonte du système des retraites.

Cohésion sociale

"Les sacrifices qui nous sont demandés sont non seulement injustes, mais n'apporteront pas de résultats", a affirmé ce responsable syndical, par ailleurs membre du comité central du parti socialiste au pouvoir Pasok. "Nous sommes conscients de la difficile situation économique du pays", mais au-delà de la "recette facile des coupes dans les revenus des salariés et des retraités (...) nous attendons toujours de voir en pratique le reste du puzzle, les réformes structurelles" pour assurer la sortie de crise du pays, a-t-il ajouté.

Dénonçant un "gaspillage" généralisé dans le secteur public, le ministre des Finances, Georges Papaconstantinou, a souligné samedi que les salaires des fonctionnaires étaient parfois "contre l'esprit de la justice sociale, surtout dans un pays où une grande partie des employés du privé sont rémunérés sur la base de 600 à 700 euros par mois".

M. Papaspyros a souligné qu'un plan "global de sortie de crise protégeant la cohésion sociale" devait être centré sur la lutte contre la fraude fiscale, "plus de 30 milliards d'euros par an" et le non paiement des cotisations sociales de la part du secteur privé, et plaidé pour des mesures de relance.