L'Europe en guerre contre les spéculateurs

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Les pays de la zone euro devraient définitivement entériner ce soir à Bruxelles le plan d'aide à la Grèce. Mais une crise chasse l'autre: plusieurs autres pays européens subissent à leur tour la pression des marchés.

L'UE entend bien combattre ces attaques spéculatives pour éviter un nouveau scénario à la grecque.

Inquiétudes et attaques des marchés

Après la Grèce, les marchés se sont inquiétés cette semaine de la capacité de l'Espagne, du Portugal ou l'Italie à rembourser leurs dettes. Résultat: les taux d'intérêts auxquels ces pays peuvent emprunter ont augmenté et l'euro a dégringolé.

La Banque centrale et la Commission européenne l'ont pourtant assuré: la situation de ces pays n'a rien à voir avec la crise grecque.

Mais rien n'y fait. Des rumeurs infondées ont même été lancées sur les marchés financiers.

Le bruit courait que Madrid aurait besoin à son tour d'un gigantesque plan de sauvetage de la part de l'UE et du FMI.

Rumeurs infondées

Le Premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero a dénoncé les "rumeurs intolérables" et les spéculations "irresponsables" des marchés sur une possible banqueroute de son pays.

Même son de cloche du côté de Lisbonne. La spéculation financière contre le Portugal n'a "aucune justification et aucun fondement économique", a déclaré vendredi à Paris le Premier ministre portugais José Socrates.

"Le Portugal a aujourd'hui une dette publique inférieure à la moyenne de la zone euro (…) C'est l'un des pays qui va le plus réduire son déficit cette année", a-t-il poursuivi.

Faire bloc contre la spéculation

Même si des inquiétudes existent, les pays européens et Bruxelles critiquent l'attitude de certains fonds spéculatifs, les fameux hedge funds, qui parient sur la faillite de ces Etats et de l'euro.

L'Union européenne compte donc faire bloc pour montrer aux marchés sa détermination à agir contre les spéculateurs.

Enquête et sanctions

Une nouvelle législation européenne doit entrer en vigueur prochainement pour mieux encadrer les acteurs financiers et rendre les échanges sur les marchés plus transparents.

En France le président du gendarme boursier (AMF), Jean-Pierre Jouyet, veut même aller plus loin. "Que ce soit des banques françaises, que ce soit des banques étrangères qui opèrent à Paris, que ce soit des fonds à Paris, à Berlin, à Londres, peu m'importe, dès que j'aurai, par tous moyens, des comportements de marché anormaux, il y aura enquête et sanctions", a-t-il prévenu vendredi sur LCI.

Reste cependant un problème de taille: si tous s'accordent à accuser les "spéculateurs financiers internationaux", personne n'est aujourd'hui vraiment capable de dire qui fait quoi.