La maison du G7 ne tient plus debout

TV avec AFP

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La maison s'effondre. Lorsque le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, visitait un igloo, en marge du G7 organisé ce week-end dans le Grand Nord canadien, une partie de l'habitat traditionnel inuit s'est écroulé.

Certains y verront signe. Après les G20 de Washington, de Londres et Pittsburgh en 2009, les chefs d'Etats assuraient que ce nouveau format de réunion avait détrôné le G7-G8, devenu obsolète.

Ce week-end, le G7 est volontairement revenu à une certaine discrétion lors de sa réunion des ministres des Finances à Iqaluit. Finis le communiqué, les déclarations solennelles, les professions de foi destinées à faire savoir aux marchés financiers mondiaux ce que pensent les puissants ministres et banquiers centraux des vieilles puissances économiques.

Les grands argentiers sont revenus à un format supposé plus proche de celui des origines du G7 il y a 35 ans, ces fameuses "discussions au coin du feu" dont peu a filtré. Mais cela peut aussi être vu comme un signe de son déclin.

Bide

Un an après la crise financière, les ministres des finances du G7 ont déçu ceux qui espéraient des nouvelles fraîches sur la nécessité d'avoir une réglementation financière cohérente.

La question des changes est parfois considérée comme la plus pertinente pour le G7, étant donné le poids écrasant des monnaies des pays membres sur le marché des changes, ou encore l'incapacité du G20 à s'entendre sur ce sujet de conflit perpétuel avec la Chine.

Mais aucun message nouveau n'est ressorti. M. Flaherty a renvoyé au communiqué de la dernière réunion, à Istanbul quatre mois auparavant. Celui-ci appelait à une certaine stabilité des taux de change, et demandait à la Chine de laisser sa monnaie flotter davantage.

Sur le front de la dette des pays du sud de la zone euro, qui menace la crédibilité de l'union monétaire, rien de nouveau non plus. Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a répété en marge de la réunion que la situation était sous contrôle.

La Grèce, présente dans tous les esprits, est officiellement engagée dans un plan d'économies budgétaires dont l'Union européenne et le Fonds monétaire international sont persuadés qu'il sera efficace.