L'Allemagne est-elle anti-Grèce?

EM

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Les politiques et la presse allemande se déchaînent contre le laxisme budgétaire de la Grèce, alors que le premier ministre, Georges Papandréou, est en visite officielle à Berlin.

Corruption, évasion fiscale, victoire à l'Euro de football 2004: tout y passe pour critiquer une possible aide financière de l'Allemagne à Athènes.

"Alcoolique"

Cette solution reviendrait à "donner une bouteille de schnaps à un alcoolique", a même raillé hier un député allemand qui proposait que la Grèce vende plutôt ses îles.

A coup de clichés et stéréotypes, le quotidien le plus lu outre-Rhin, Bild, a aussi réservé un accueil très chalereux au premier ministre grec.

Dans une lettre ouverte, Bild dresse une liste d'avantages comparatifs de l'Allemagne, ce pays "très différent du vôtre".

Le foot grec doit tant à l'Allemagne

"Ici, personne ne doit payer des milliers d'euros de pots-de-vin pour s'assurer un lit d'hôpital" ou "l'Allemagne a aussi de grosses dettes mais nous les remboursons, parce que nous nous levons tôt le matin et travaillons toute la journée".

Le journal rappelle aussi aux Grecs que les touristes allemands laissent "tout un tas d'argent" dans leur pays; que l'Allemagne leur a donné "50 milliards d'euros depuis votre entrée dans l'Union européenne"; et que si l'équipe nationale de football a gagné l'Euro 2004, c'est grâce à leur entraîneur, Otto Rehhagel, Allemand de son état.

"Injuste"

Dans un entretien au journal Frankfurter Allgemeine Zeitung, Georges Papandréou a voulu rassurer l'opinion publique allemande, très hostile à une aide financière de leur pays.

Il a affirmé qu'il ne venait pas chercher "de l'argent" mais "le soutien de l'Union européenne et de ses partenaires pour pouvoir contracter des crédits sur les marchés à de meilleures conditions".

Mais le premier ministre ne s'est pas gêné pour défendre son pays face aux stéréoytpes véhiculés en Allemagne ces derniers jours, quitte à remettre de l'huile sur le feu.

"Nazisme"

"Nous n'avons pas demandé au contribuable allemand (...) de nous payer nos vacances et nos retraites, affirmer cela est injuste (...) Et les Grecs n'ont pas la corruption dans les gènes, tout comme les Allemands n'ont pas le nazisme dans les leurs", a t-il retorqué.

Certaines personnalités grecques ont accusé l'Allemagne d'être en partie responsable de la situation budgétaire de la Grèce en raison des dégâts causés pendant la seconde guerre mondiale.