Pétrole bloqué dans la raffinerie de Dunkerque

EM avec AFP

— 

Des salariés de la raffinerie Total de Dunkerque ont bloqué vendredi des cuves contenant 500.000 tonnes de pétrole brut, a constaté un journaliste de l'AFP. . Leur objectif: faire pression sur le groupe pétrolier pour éviter la fermeture du site, à trois jours d'une réunion sur l'avenir de l'usine.

Plusieurs dizaines d'employés du site des Flandres ont démonté des composants électroniques indispensables au fonctionnement des pompes qui servent à extraire le contenu des cuves, sur la zone de stockage de pétrole brut

"On veut raffiner"

Les pompes servent habituellement à acheminer via un pipeline de 8km les hydrocarbures à la raffinerie. Les salariés affirment avoir appris que la direction de Total envisageait de faire en sorte que le pétrole puisse être chargé sur des navires à destination d'autres raffineries.

"On veut raffiner. On ne veut pas que ce (pétrole) brut s'en aille d'ici", a déclaré Philippe Wullens, délégué syndicale Sud (majoritaire sur le site), en évoquant un "trésor de guerre".

Selon lui, Total a réalisé une plus-value de 200 millions d'euros entre le moment de l'achat de ce pétrole à l'automne et aujourd'hui, en raison de l'augmentation des cours.

Une partie des composants électroniques sera remise aux services de l'Etat, une autre à la région et une troisième à la communauté urbaine de Dunkerque, sachant que tout le matériel est nécessaire pour faire redémarrer les pompes, a expliqué Marcel Croquefer, secrétaire du pôle chimie CGT.

"Ce pétrole ne doit pas quitter les cuves tant que les choses ne sont pas arrêtées", a-t-il martelé.

Avenir du site

Lundi prochain, un comité central d'entreprise (CCE) doit décider de l'avenir de la raffinerie. La direction de Total envisage de mettre la clé sous la porte d'un site qui emploie 380 salariés, plus 400 personnes chez les sous-traitants.

Il y a quelques semaines, les menaces de fermeture avaient entraîné une grève générale dans l'ensemble des six raffineries françaises de Total. Le groupe avait alors promis qu'il ne fermerait aucune usine, mis à part Dunkerque, dans les cinq ans qui viennent.