L'Etat aide le reclassement des salariés de la Camif

E24 avec AFP

— 

Le secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie et de la Consommation, Luc Chatel, a confirmé ce jeudi "la prise en charge par l'Etat du reclassement" du personnel de la Camif, placée en liquidation judiciaire, une mesure jugée toutefois "insuffisante" par les salariés.

"L'Etat va mettre en place une plate-forme formation-emploi avec une cellule de reclassement pour les salariés, d'un montant de deux millions d'euros", a annoncé le ministre lors d'un point presse après une rencontre avec les délégués syndicaux de la Camif à la préfecture de Niort.

Revitalisation

Luc Chatel a annoncé également "une convention de reclassement personnalisée avec 80% du salaire brut pendant trois mois et 70% pendant 5 mois, soit 17.000 à 20.000 euros par personne, pour un coût total de 20 millions d'euros". "A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles", a souligné le ministre en annonçant que "le bassin niortais allait être le premier à bénéficier de l'aide du fonds national de revitalisation". Ce dernier a également demandé au préfet "de coordonner tous les partenaires" sur ce dossier que l'Etat "suivait depuis plusieurs mois".

Après avoir rencontré les représentants syndicaux pendant plus d'heure, Luc Chatel a rencontré les élus du département des Deux-Sèvres. Ces mesures ont été fraîchement accueillies par les représentants des quelque 900 salariés de la Camif qui ont été ou vont être licenciés. "Nous sommes très déçus", a déclaré à la presse Jocelyne Baussant, déléguée syndicale FO. "Les propositions ne correspondent pas aux attentes ni aux besoins des salariés qui possèdent déjà une formation. Il n'attendent pas une plate-forme de reconversion mais de l'argent pour faire vivre une entreprise viable", a-t-elle affirmé.

Manifestation

"Ces mesures justifient notre manifestation vendredi à Paris", a lancé la syndicaliste à quelque 200 salariés massés devant les grilles de la préfecture. Les salariés espéraient que "l'Etat s'engagerait financièrement pour mettre en place une structure préservant l'emploi. Il en a les moyens, il vient de donner des milliards aux banques", note l'un d'entre eux. "On pensait que M. Chatel venait guérir la Camif, il est venu pour payer les frais d'obsèques", a lâché pour sa part, Bernard Schauss, délégué CGC.

Les premières lettres de licenciement devraient partir le 8 novembre, ont confirmé les syndicats au personnel. Plus de 900 emplois sur 1.400 doivent disparaître à la Camif, numéro trois français de la vente à distance, après la mise en liquidation judiciaire de Camif Particuliers (780 salariés), victime de difficultés de trésorerie et d'une baisse d'activité liée à la crise économique.