Les limites de l'iPad

Roxane Signoret

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"iPad, c'est notre technologie la plus avancée dans un appareil magique et révolutionnaire, à un prix incroyable ", a déclaré Steve Jobs, à l'occasion du lancement de la tablette. Effectivement Apple a créé une nouvelle catégorie d'appareil qui prend place entre l'ordinateur portable et le "smartphone".

Mais en y regardant d'un peu plus près, l'iPad ne remplace rien que la firme à la Pomme ne vend actuellement. L'iPad est un "tout en un" qui réunit les possibilités de l'iPod, certaines de l'iPhone (sauf le téléphone), d'un netbook (ndlr: petit ordinateur portable ultraléger) ou encore d'une console de jeux mais il ne constitue pas un révolution technologique comme l'a été l'iPhone pour Apple.

Pour, Michael Hiltzik, spécialiste nouvelles technologies au Los Angeles Times, c'est simplement "un iPhone gonflé... sans le téléphone. Un iPod qui ne tient pas dans la poche mais sans assez de capacité pour stocker votre collection de musique".

Mais pour l'analyste indépendant Rob Enderle, c'est une "réussite", qui pour 750 dollars donne l'équivalent d'un matériel qui coûterait ailleurs 1.000 dollars. "Je suis connecté constamment, et je me promène avec: je crois que ça va bouleverser beaucoup de marchés", avance-t-il.

Pas sûr que l'on puisse se promener avec, l'iPad risque d'être trop grand ou trop emcombrant dans un usage quotidien comme dans la rue ou les transports. D'ailleurs Steve Jobs a présenté son "bébé" installé dans un fauteuil sur la scène du théâtre de San Francisco, comme à la maison.

Il sait presque tout faire mais ne téléphonera pas ni ne prendra de photos. Impossible aussi de faire fonctionner deux programmes en même temps. Il ne dispose pas non plus de port SD, il ne pourra donc pas accéder aux applications en flash. Il n'aura jamais les possiblilités d'un ordinateur portable sous peine de cannibaliser le marché des MacBook.

Finalement l'iPad sera toujours limité pour ne pas trop concurrencer les autres produits Apple.