Le marché des armes se porte très bien

E.M. avec AFP

— 

Crise économique? Baisse du chiffre d'affaires? Absence de débouchés? Le marché des armes ne connaît pas tous ces problèmes.

La Russie, l'un des leaders mondiaux des exportations du secteur, a vu ses ventes d'équipements militaires progresser de 10% en 2009, a indiqué jeudi l'entreprise publique russe chargée de ce commerce mondial, Rosoboronexport.

Le pays a exporté pour 7,4 milliards de dollars d'armes (5,3 milliards d'euros) l'année dernière.

Et 2010 devrait être encore meilleure: le carnet de commandes pourrait atteindre 34 milliards de dollars (24 milliards d'euros), a ajouté le directeur général du groupe Anatoli Issaïkine, devant la presse.

Meilleurs clients

L'Inde, gros client en matière d'arment pour la Russie, a signé avec Moscou des contrats pour 20 milliards de dollars (14 milliards d'euros) ces dernières années, selon une source interne à l'entreprise, citée par l'agence Interfax.

La Chine, l'Algérie et la Malaisie font aussi partie des bons clients de la Russie, auxquels s'ajoutent depuis peu des pays comme le Venezuela et la Syrie.

Moscou compte bien séduire cette année de nouveaux Etats tels l'Arabie Saoudite la Libye, ainsi que des membres de l'Otan, a indiqué M. Issaïkine, sans préciser lesquels.

"Des pourparlers intensifs sur la fourniture de toutes sortes d'armements ont actuellement lieu" avec la Libye, et les perspectives de vente de matériel militaire à l'Arabie Saoudite sont "bonnes", a observé le directeur général de Rosoboronexport.

Le ministre russe de la Défense, Anatoli Serdioukov, s'est entretenu mercredi 27 janvier avec son homologue libyen, Younès Jaber, sur de possibles ventes d'armes à Tripoli, mais aucune information officielle sur l'éventuelle signature de contrats n'a été communiquée.

Selon la presse russe, la Libye devrait acheter à la Russie des armements pour plus de deux milliards de dollars (1,4 milliard d'euros), incluant notamment 20 avions de combat. Interrogé sur la possible conclusion d'accords avec la Libye, dont une délégation se trouve actuellement en Russie, M. Issaïkine a indiqué que les pourparlers "se poursuivaient".

Irak, Afghanistan et Iran

Des responsables irakiens et afghans ont également pris des contacts avec les autorités russes en vue d'acquérir des armes, mais l'éventuelle conclusion d'accords dépendra des Etats-Unis (qui a déployé des troupes dans ces deux pays, ndlr), a ajouté M. Issaïkine.

Anatoli Issaïkine n'a fourni aucune précision sur la fourniture à l'Iran de missiles sol-air russes S-300. Cette livraison a suscité l'inquiétude des Etats-Unis et d'Israël mais le directeur de Rosoboronexport ne voit, pour sa part, "aucun obstacle" à la vente d'armes à Téhéran.