Voitures défectueuses: Toyota s'excuse mais ne s'incline pas

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Le géant automobile japonais Toyota a renouvelé ses excuses à ses clients.Toyota

a rappelé depuis la semaine dernière
près de 4,5 millions de véhicules en Amérique du Nord, en Europe et en Chine en raison d'une pédale d'accélérateur qui, mal conçue, peut rester coincée en position enfoncée. La production et les ventes de huit modèles affectés par ce défaut ont été suspendues en Amérique du Nord, une mesure sans précédent.

Le vice-président Shinichi Sasaki qui s'est plié à l'excercice s'est toutefois abstenu de s'incliner devant les caméras, comme le font habituellement les patrons japonais pour exprimer leur contrition et comme il l'avait fait en 2006 à cause d'un défaut mécanique d'une voiture accidentée. (photo).

Qualité préservée

Le vice-président de Toyota a réfuté les critiques selon lesquelles le constructeur, devenu numéro un mondial en 2008, aurait sacrifié la légendaire qualité de ses voitures pour atteindre plus vite cette consécration. "Je ne pense pas que l'expansion de la production à l'étranger ait affecté la qualité de quelque façon que ce soit", a-t-il affirmé.

Il a reconnu que le délai entre l'annonce des rappels, la semaine dernière, et celle des premières mesures prises pour corriger le défaut, lundi soir, avait été long. "Dans le cas présent, nous avons jugé prioritaire d'émettre un avertissement, même au risque de semer la confusion", a expliqué M. Sasaki.

Toyota a annoncé lundi qu'une solution technique allait commencer à être mise en place sur les véhicules affectés par le dernier défaut en date, et que la production en Amérique du Nord pourrait reprendre le 8 février. Cette nouvelle a rassuré les investisseurs. A la Bourse de Tokyo, l'action Toyota, qui avait dégringolé de près de 18% en sept séances, a rebondi mardi de 4,49% à 3.605 yens.

Impact

M. Sasaki a dit ignorer l'impact des rappels sur les résultats du groupe, qui doit publier jeudi ses comptes pour le trimestre d'octobre à décembre. "Le coût va être élevé, mais nous devions le faire", a-t-il dit.

A l'exception de brèves excuses formulées samedi devant une équipe de la télévision japonaise pendant le forum de Davos, en Suisse, le PDG et petit-fils du fondateur du groupe, Akio Toyoda, a jusqu'à présent évité de s'exprimer. M. Sasaki est le premier haut dirigeant de Toyota au Japon à s'expliquer publiquement depuis le début de la crise. Jusqu'à présent, seul le patron de la filiale américaine, Jim Lentz, avait été envoyé affronter les médias, lundi.