La vente de Fortis, un feuilleton à rebondissements

E24 avec AFP

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Fortis, l'une des premières banque européenne a avoir été touchée par la crise, est au cœur des polémiques depuis plusieurs mois alors que BNP Paribas essaie de mettre la main dessus. Retour sur un feuilleton à rebondissements:

Dimanche 28 septembre 2008: L'action Fortis chute en Bourse. En une semaine le titre perd 35% pour clôturer le vendredi 26 septembre à 5,20 euros, loin du sommet de 30 euros atteint au printemps 2007. Les Etats du Benelux négocient tout le week-end et décident de renflouer Fortis pour 11,2 milliards d'euros. En échange, ils prennent 50% moins une action de la filiale bancaire de leur pays respectif (belge et néerlandais).

Vendredi 3 octobre: L'action Fortis est à 5,42 euros. L'Etat néerlandais décide de nationaliser l'essentiel des activités néerlandaises de Fortis pour 16,8 milliards d'euros. Il renonce du coup à injecter les 4 milliards qu'il avait promis la semaine précédente.

Dimanche 5 octobre: Après un nouveau week-end de négociation, l'Etat belge annonce que BNP Paribas va acheter 75% de la filiale bancaire belge Fortis Banque et 100% des activités d'assurance belges, pour 14,7 milliards d'euros. En attendant, l'Etat belge nationalise Fortis Banque à 100%.

Mardi 14 octobre: Reprise de la cotation, Fortis tombe à 1,22 euro.

Mardi 18 novembre: La justice belge, saisie par les petits actionnaires, estime que la vente de Fortis est fondée et rejette un recours d'actionnaires de Fortis contre la cession des actifs. En revanche, la même justice belge a demandé que des experts déterminent si le prix payé était adéquat.

Mercredi 3 décembre: La Commission européenne a autorisé le rachat partiel de Fortis par la banque française BNP Paribas. Mais cette dernière doit cèder une de ses filiales, Paribas Personal Finance Belgium (PFB), anciennement Cetelem Belgium, présente dans le secteur des cartes de crédit en Belgique et au Luxembourg. Cette condition a déjà été acceptée par BNP Paribas.

Vendredi 12 décembre: La Cour d'appel de Bruxelles, saisie par des petits actionnaires, exige la convocation d'une assemblée générale pour permettre aux actionnaires belges de voter sur le démantèlement de Fortis. D'ici là, elle gèle les cessions à BNP. L'action cote 0,92 euro.

Vendredi 19 décembre: Le Premier ministre belge Yves Leterme, artisan du "sauvetage" de septembre-octobre, démissionne. Son entourage aurait fait pression sur la justice pour éviter l'arrêt rendu la semaine précédente. La presse parle de "Fortisgate". L'action vaut 1,12 euro.

Lundi 12 janvier 2009: Fortis annonce que ses actionnaires seront convoqués en assemblée générale extraordinaire pour se prononcer sur le rachat de ses activités belges et luxembourgeoises par BNP Paribas. Les réunions se tiendront le 11 février à Bruxelles et le 13 février à Utrecht (Pays-Bas).

Jeudi 30 janvier: Le gouvernement belge présente un nouvel accord avec BNP Paribas. La banque française se contentera d'une participation minoritaire de 10% dans les assurances belges. Le reste sera réintégré dans la holding Fortis, cotée en Bourse, qui conservera aussi moins d'actifs à risque.

Samedi 7 février: Fortis se prépare au pire et travaille sur un plan d'urgence pour assurer à Fortis Banque les liquidités nécessaires au cas où elle se verrait refuser l'accès au marché interbancaire (prêt entre les banques) après un "non" des actionnaires.

Dimanche 8 février: L'assureur chinois Ping An, premier actionnaire de Fortis avec 5% du capital de la banque, indique qu'il votera contre la reprise par BNP Paribas lors de l'assemblée générale de Fortis le 11 février.