Chavez nationalise une filiale du groupe Casino

E.M. avec AFP

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Au Venezuela, les sanctions contre les multinationales ne se font pas dans la demi-mesure.

Accusée d'avoir augmenté ses prix à des fins "spéculatives" après la dévaluation de la monnaie locale début janvier, la chaîne d'hypermarché franco-colombienne Exito (groupe Casino) a été tout bonnement nationalisée.

Nationalisation d'Exito

"La chaîne Exito passe sous contrôle de la République, en raison de nombreuses infractions aux lois vénézuéliennes", a déclaré le président du Vénézuela Hugo Chavez lors de son programme radiotélévisé hebdomadaire, "Alo Presidente" (Allo Président), du 17 janvier.

"Jusqu'à quand allons-nous permettre qu'une multinationale vienne faire cela ici? J'ordonne que l'on ouvre une enquête et j'attends la nouvelle loi pour entamer une procédure d'expropriation de la chaîne Exito", a ajouté le chef de file de la gauche radicale latino-américaine.

Hugo Chavez a exigé du parlement, où il est largement majoritaire, d'adopter "en urgence" une réforme de la loi de défense du consommateur. L'objectif: permettre à l'Etat d'"exproprier" les commerces qui augmentent leurs prix à des fins "spéculatives".

Dévaluation du bolivar

Le 8 janvier dernier, le gouvernement a dévalué la monnaie locale, le bolivar, et instauré un double taux de change pour stimuler la production nationale, dans un pays largement importateur. Bon nombre d'économiste redoutent depuis dix jours que cette dévaluation n'alimente l'inflation alors que les prix ont déjà augmenté de 25% en 2009.

Par peur d'une valse des étiquettes, les Vénézuéliens se sont donc rués dans les magasins pour acheter notamment des appareils électroménagers importés. Hugo Chavez a alors menacé d'exproprier les commerçants qui augmenteraient les prix de manière abusive.

Il y a quelques jours, un hypermarché de Caracas appartenant au groupe Exito a été le premier magasin investi par la garde nationale et fermé durant 24h. Des dizaines d'autres commerces ont depuis subi le même sort.

Avec cette annonce, le président du Vénézuela n'en est pas à son premier coup d'essai. Depuis 2007, il a déjà exproprié plusieurs entreprises vénézuéliennes et étrangères dans le cadre de sa politique de nationalisation des secteurs stratégiques du pays, comme l'énergie, l'alimentation ou la construction.

Casino serein

Le groupe français Casino a indiqué lundi que cette expropriation "ne change rien aux perspectives de croissance et de rentabilité", selon une porte-parole.

Au Venezuela, Exito représente "environ 1%" du chiffre d'affaires actuel du groupe et la contribution de la filiale vénézuélienne au résultat 2009 de Casino "est quasi nulle", a précisé la même source. Elle a également indiqué que Casino analysait la situation pour un éventuel recours juridique.