Taxe sur les banques: la France prête à agir

Thibaud Vadjoux

— 

Après l'Allemagne qui a introduit le principe d'une taxe sur les banques pour leur faire payer le coût de la crise et créer un fonds d'assurance, la France avance aussi sur le sujet.

Rien de concret n'est encore établi. Néanmoins, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde qui participait hier au Conseil des ministres allemand, a estimé que Paris et Berlin sont "absolument d'accord sur l'objectif". Mais pas sur les modalités.

1ère différence: l'Allemagne veut attribuer le produit de cette taxe à un fonds de secours, la France pense plutôt l'affecter au budget de l'Etat, "précisément pour renflouer les finances publiques", a expliqué la ministre aujourd'hui sur Canal+.

En outre, Paris estime que la création d'un fonds de secours alimenté par les banques les pousserait à ne pas changer de comportement car elles pourraient casser cette tirelire quoi qu'elles fassent. L'Etat veut avoir son mot à dire.

2ème différence: le périmètre des établissements concernés par la taxe seraient plus large pour englober tous les acteurs financiers. "Les hedge funds (les fonds spéculatifs, ndlr) pourraient tout à fait être redevables de cette taxation", a suggéré la ministre.

Autre point central du projet, il devra être adopté par les grandes places financières pour être efficace. Or, si le Fonds monétaire international (FMI) planche sur "une solution globale" selon Dominique Strauss-Kahn, seule l'Allemagne a réellement pris les devants.

Paris n'a pas encore fixé de calendrier, attendant les conclusions du rapport du FMI en avril. La Grande-Bretagne y est favorable mais aucun projet n'est sur la table. Barack Obama milite pour une taxe mais devra affronter le Congrès. Bref, la France estime que la réflexion technique et la concertation internationale ne sont pas encore abouties.

3ème différence: Paris et Berlin pourraient diverger sur l'assiette de la taxe. Le dispositif français devra "peser sur les activités les plus risquées", a déclaré mardi un haut responsable.

Pour cela, il faudra choisir la bonne assiette, a-t-il poursuivi, citant en exemple le "trading book (portefeuille de valeurs et d'instruments financiers détenus par la banque, ndlr) ou les actifs pondérés par les risques". L'Allemagne n'a pas encore précisé ses intentions.