Davos: Bill Clinton lance un appel à l'investissement en Haïti

EM avec AFP

— 

L'ancien président américain Bill Clinton a appelé les chefs d'entreprise à investir avec confiance en Haïti. Le but: accompagner la reconstruction de l'île, en partie détruite par un tremblement de terre il y a quinze jours.

Lors d'une conférence au Forum économique mondial (WEF) de Davos, Bill Clinton, devenu envoyé spécial de l'ONU pour Haïti, a demandé aux dirigeants économiques de s'associer à "un partenariat global".

Car si les Haïtiens sont actuellement "en état de choc" et "frustrés" de ne pas voir l'aide leur arriver, ils disposent cependant encore de la "même chance" d'échapper à une situation critique qu'ils avaient su saisir après la tempête tropicale de 2008. Le pays avait alors perdu quelque 15% de son produit intérieur brut.

"Faire de affaires"

L'investissement en Haïti doit être vu comme "une occasion de faire des affaires" plus que comme une forme d'assistance, a-t-il plaidé. Avant de faire l'éloge du dynamisme et des efforts des Haïtiens, qui vivaient déjà avant le séisme dans une situation d'extrême pauvreté.

Il a appelé les patrons à s'engager à "moderniser ce pays et à l'aider à compter sur ses propres forces". Une tâche qui se fera "sous leadership haïtien", a-t-il assuré.

Les Haïtiens "souhaitent se voir reconnaître le pouvoir de diriger leur propre cours à l'avenir", a-t-il insisté, en rappelant qu'Haïti a longtemps vu ses atouts méprisés ou exploités au cours de son histoire tragique.

Selon l'ancien président américain, 70% des terres et 60% de la population n'ont pas été directement touchés par le séisme. Bill Clinton a d'ailleurs "remercié" les entreprises "qui ont poursuivi leurs activités" depuis le séisme. Plusieurs voyagistes, notamment, ont poursuivi leurs croisières de luxe et fait escale dans la région de Port-Haïtien, au nord.

Reconstruire

Dans l'immédiat, l'ancien président américain a souligné l'importance de fournir des abris sains, en plus de la distribution d'eau potable et de nourriture. Il a également plaidé pour l'ouverture d'écoles provisoires.

Le chef de la diplomatie brésilienne, Celso Amorim, a estimé au cours du même débat qu'un programme massif devait être mis en oeuvre pour replanter des arbres à Haïti, et lutter ainsi contre les glissements de terrain.

Il a exhorté au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) "les pays développés et ceux des pays en voie de développement qui sont en mesure de le faire" à supprimer tous les droits de douane et les quotas sur les produits en provenance de Haïti.