Dernier voeux de Denis Ranque à la tête de Thales?

Anne-Sophie Galliano

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"Difficile mais satisfaisante". Denis Ranque, PDG de Thales, a joué les modestes à la présentation de ses vœux: l'année 2008 est marquée par un carnet de commandes exceptionnel de plus de 14 milliards d'euros –ce chiffre devrait être confirmé lors de la publication des résultats annuels le 26 février. Pour le patron de cette pépite technologique, la crise profite même à son groupe. En effet, pour doper la relance économique, les gouvernements choisissent d'investir plus massivement dans les infrastructures. "Le risque c'est plutôt qu'aux premiers signes de reprises, les gouvernements qui ont beaucoup investis choisissent de faire des économies", explique Denis Ranque. "Mais nous avons un à deux ans devant nous".

Pour Thales, l'heure est à la sérénité. Son profil est stable: "60% de ses clients sont des gouvernements, un facteur rassurant dans le contexte de crise actuelle; 30% provient de l'espace, là aussi un domaine stable, et 10% du transport aérien qui au-delà de la conjoncture un est une activité en croissance constante", détaille le PDG. Parmi ses clients phares, Denis Ranque se félicite de la place prépondérance prise par le gouvernement britannique. "Nos trois premières commandes en volume, soit 1,2 milliard d'euros, viennent de la Grande Bretagne", insiste Denis Ranque. Du coup, la Grande-Bretagne avec un total de 2,8 milliards d'euros de commandes en 2008 est passée devant la France. Une bonne nouvelle pour Thales qui veut réduire son exposition au gouvernement français (qui ne représente plus que 20% de son chiffre d'affaires) et se diversifier géographiquement.

L'heure a aussi été au bilan pour Denis Ranque. Le nouvel actionnaire de Thales, Dassault Aviation, peut aujourd'hui choisir de nommer un nouveau patron pour Thales et certains observateurs misent déjà sur son départ. Denis Ranque n'a pas voulu s'exprimer sur le sujet: "Thales est une société cotée et ce sont aux actionnaires de décider", s'est-il contenté de répondre. Toutefois, il a profité des vœux pour tirer le bilan de sa propre gouvernance: "Depuis mon arrivée à la tête du groupe, en 1998, le carnet de commandes a été multiplié par trois, et l'entreprise est devenue un groupe international centré sur trois métiers, la défense, la sécurité et l'aéronautique". Un bilan certes très positif mais cela sera-t-il suffisant pour garder les rênes de Thales?