Nicolas Sarkozy réaffirme sa volonté de moraliser le capitalisme financier

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Dans la petite station suisse de Davos, Nicolas Sarkozy a dénoncé avec vigueur les dérives du "capitalisme financier" dans son discours inaugural du 40e Forum économique mondial

Face au gratin du monde politique et des affaires réuni pour l'occasion, le président de la République a plaidé pour de nouvelles règles internationales.

"Cette crise est une crise de la mondialisation (...) La mondialisation a dérapé à partir du moment où il a été admis que le marché avait toujours raison et qu'aucune raison ne lui était opposable".

Et les banques en ont pris pour leur grade alors qu'elles s'opposaient quelques heures auparavant à une régulation trop stricte.

Réformer pour éviter la crise

Tout en affirmant qu'il n'était pas venu "donner des leçons à quiconque", Nicolas Sarkozy a rappelé que "le métier de banquier n'est pas de spéculer (...), c'est de financer le développement de l'économie".

"Nous continuerons à faire courir des risques insoutenables à l'économie, à encourager la spéculation, à sacrifier le long terme si nous ne changeons pas la réglementation bancaire, les règles prudentielles, les règles comptables", a-t-il affirmé.

Avec Barack Obama

Sur ce sujet, le chef de l'Etat s'est dit complètement "d'accord avec le président Obama quand il juge nécessaire de dissuader les banques de spéculer pour elles-mêmes ou de financer des fonds spéculatifs".

Le président américain a annoncé la semaine dernière une taxe sur les 50 plus grand établissements bancaires de son pays et une proposition de loi pour limiter leur taille et spéculations.

Dans son premier discours sur l'état de l'Union mercredi 27 janvier, Barack Obama a d'ailleurs réaffirmé sa volonté de réguler le secteur financier.

Changer le capitalisme

Mais il ne s'agit pas, pour autant, selon Nicolas Sarkozy, "de remplacer le capitalisme".

A ses yeux, "le capitalisme purement financier est une dérive qui bafoue les valeurs du capitalisme" mais "l'anticapitalisme est une impasse pire encore. Il n'y a aucun système autre que l'économie de marché mais nous sauverons le capitalisme et l'économie de marché en le refondant, en le moralisant", a-t-il martelé.

"En mettant la liberté du commerce au-dessus de tout, nous avons affaibli la démocratie", a-t-il soutenu, en ajoutant que "la grande question du XXIe siècle" sera: "comment remettre l'économie au service de l'homme?", a-t-il demandé aux principaux dirigeants du système capitalisme mondial présent à Davos.

Plaidant pour une action coordonnée au niveau du G20 pour que tous les pays adoptent les mêmes règles, le président français a annoncé que "la France, qui présidera le G8 et le G20 en 2011, inscrirait à l'ordre du jour la réforme du système monétaire international".

Un discours "creux"

Pour Attac France ce discours n'a cependant été qu'une succession de "mots creux" sans "aucune initiative nouvelle", a déclaré l'organisation altermondialiste jeudi dans un communiqué.

Elle milite pour imposer une "véritable taxe sur l’ensemble des transactions financières" et demande au chef de l'Etat de tenir ses engagement en matière de "limitation des hauts revenus" et de "suppression des paradis fiscaux".