Le gouvernement s'oppose à toute délocalisation de la Clio en Turquie

Elsa Meyer avec AFP

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De Flins dans les Yvelines à Bursa en Turquie: la Clio pourrait bien partir de l'autre côté de l'Europe. Renault réfléchirait à délocaliser la construction de la troisième voiture la plus vendue en France, selon des informations révélées par La Tribune vendredi 8 janvier.

Mais l'Etat est bien décidé à ne pas laisser partir l'un des fleurons de l'industrie française qui a largement bénéficié d'aides publiques depuis plusieurs années.

L'Etat actionnaire

"Quand on est actionnaire, on ne reste pas les bras ballants", a réaffirmé ce mardi sur France 2 le ministre de l'Industrie Christian Estrosi. Le gouvernement détient 15,1% du constructeur et considère "que lorsque l'on vend une voiture Renault en France, et Renault c'est un nom français, c'est une marque française, on ne la produit pas à l'étranger", a martelé le ministre.

Ce dernier est d'autant plus opposé à cette éventuelle délocalisation que le constructeur bénéficie d'aides publiques depuis plusieurs années.

L'Etat a d'abord investi "150 millions d'euros pour construire la Renault électrique à Flins, et 100 millions d'euros pour construire la chaîne de batteries pour véhicules électriques", a rappelé Christian Estrosi.

Aides publiques

Et depuis le début de la crise, le groupe a été largement soutenu par le gouvernement. Comme ses concurrents, il a d'abord profité des effets de la prime à la casse sur les ventes de voitures. Face aux difficultés du secteur, un prêt public total de 6 milliards d'euros avait en outre été accordé à PSA et Renault en janvier dernier, lors des Etats généraux de l'automobile.

A cette occasion François Fillon avait d'ailleurs assuré qu'il n'était pas question de venir "en aide à un constructeur qui déciderait de fermer purement et simplement un ou des sites de production en France".

Engagements de Renault

Le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez a également rappelé mardi que si le gouvernement "se bat pour supprimer la taxe professionnelle qui pèse très fortement sur la compétitivité de la production automobile en France, pour favoriser la recherche et l'innovation (...) c'est pour que la France reste une terre industrielle".

Lors des Etats généraux du secteur, le président de Renault Carlos Ghosn s'était d'ailleurs engagé "à maintenir son activité en France" à condition "d'un niveau de compétitivité acceptable par rapport à ses concurrents". Il avait notamment milité pour une suppression de la taxe professionnelle (TP) qui constituait, selon lui, un surcoût de 250 euros et un différentiel de charges sociales 750 euros. "Produire en France représente donc une pénalité de 1.000 euros" par voiture, avait conclu le président de Renault en janvier dernier.

Or, la TP n'existe plus depuis le 1er janvier 2010 et a été remplacée par une contribution économique territoriale (CET), calculée en fonction du chiffre d'affaires des entreprises.