Obama devra quitter son BlackBerry

Guillaume Guichard

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Barack Obama vit ses dernières heures avec le BlackBerry auquel il tient tant. "Ils vont tenter de me l'arracher des mains", a déclaré le nouveau président américain sur la chaîne CNBC. C'est sûr, pour les services de sécurité américains le BlackBerry, qui permet de recevoir ses mails en toutes circonstances, n'est pas suffisamment "secure" et les risques de piratage trop élevés.

Déjà en 2005, des experts sécurité de grandes entreprises françaises réunis en séminaire à l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) avaient déconseillé aux cadres supérieurs et aux hauts fonctionnaires d'en acheter. Ils craignaient l'existence d'une faille de sécurité.

Research In Motion (RIM), le fabricant du BlackBerry, a tenté de rectifier le tir en faisant certifier ses téléphones par des organismes spécialisés. Résultat: "c'est aujourd'hui l'outil le plus sécurisé parmi les terminaux (téléphone, ndlr) grand public", indique Matthieu Hentzien, de Hervé Schauer Consultants.

Le hic, c'est que ce téléphone est peu utilisé par le grand public mais beaucoup par des professionnels, hauts dirigeants en tête, dont les mails doivent impérativement être sécurisés de l'envoi à la réception. Or, un message envoyé par un BlackBerry transite par les serveurs de RIM, qui est installée au Canada. Les sociétés clientes ne peuvent donc pas maîtriser d'un bout à l'autre la chaîne d'envoi de l'e-mail. D'où des risques de fuites d'informations, notamment à cause du piratage. Une solution: s'équiper d'un serveur BlackBerry en interne. C'est le choix du ministère de l'Economie et des finances français, selon Daniel Jouan, directeur grands comptes de RIM France en 2007.

Pour Barack Obama, la solution pourrait être plus simple: changer de téléphone. La presse lui a déjà trouvé un bijou de technologie: le Sectera Edge de General Dynamics. Un terminal homologué pour des communications secret défense par la National Security Agency (NSA). En plus, il est garanti anti-poussière, étanche et résiste à des chutes répétées d'une hauteur de 1,2 m sur du béton. Son prix: 3.350 dollars avec une garantie de deux ans.

Ce n'est pas le BlackBerry, mais cela permettra à Obama de conserver une chance "d'échanger avec les personnes qui demeurent hors de la Maison Blanche (…), de garder les pieds sur terre", comme il le souhaite. Bref, de s'échapper virtuellement de la "grande prison blanche", comme la décrivait Harry Truman.