"Fortisgate": Le ministre belge des Finances s'explique

JBX avec AFP

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Le ministre belge des Finances Didier Reynders a formellement démenti lundi 9 mars avoir tenté de faire pression sur la justice belge dans le cadre du sauvetage de la banque Fortis, même s'il a reconnu s'être "inquiété" des décisions des magistrats. "Ni mon chef de cabinet, ni mon cabinet, ni moi-même n'avons à aucun moment exercé de pression sur des magistrats et nous n'avons jamais été mis préalablement au courant d'avis ou de décisions de la justice", a déclaré Didier Reynders devant une commission d'enquête parlementaire.

Les parlementaires belges tentent de déterminer si des membres du gouvernement ou certains de leurs collaborateurs ont tenté, à l'automne 2008, d'influencer des magistrats saisis par des petits actionnaires de Fortis qui contestaient la manière dont la cession de la banque belge à BNP Paribas avait été organisée par le gouvernement. L'affaire, connue sous le nom de "Fortisgate", a entraîné le 19 décembre la démission du Premier ministre de l'époque, Yves Leterme, et du ministre de la Justice, Jo Vandeurzen. Contrairement à ses deux anciens collègues, Didier Reynders, dont le nom avait été également cité, est toujours membre du gouvernement.

"Quand une décision de justice va tomber, il est normal que l'on s'inquiète des conséquences qu'aurait une décision négative. Cela a pu faire croire à certains que nous étions au courant", a expliqué Didier Reynders, qui a répété à 18 reprises lors de son audition qu'il n'avait pas été informé à l'avance des décisions de la Justice. La justice belge avait rejeté le 18 novembre dernier un recours d'actionnaires de Fortis contre la cession des actifs de banque et d'assurance du groupe en Belgique à BNP.

Des parlementaires ont toutefois relevé que le Premier ministre Yves Leterme avait expliqué fin décembre qu'il "ressortait" d'une réunion tenue le 6 novembre entre chefs de cabinets qu'un collaborateur de Didier Reynders était bien au courant du contenu d'un avis du parquet qui ne devait être rendu public que quelques heures plus tard. Yves Leterme, qui devait être entendu plus tard dans la journée, devrait être invité à clarifier ce point, selon l'opposition.