L'ONU appelle à un nouveau traité sur le climat

AFP

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Le chef de l'ONU Ban Ki-moon, reconnaissant que l'accord conclu à Copenhague sur le climat n'allait pas assez loin, a exhorté lundi les dirigeants du monde à s'entendre pour parvenir l'an prochain à un traité légalement contraignant.

"Néanmoins, c'est un début - un début essentiel (...) Nous avons fait un pas important dans la bonne direction", a-t-il ajouté. M. Ban a appelé les dirigeants du monde "à s'engager directement dans la recherche d'un traité mondial légalement contraignant sur le réchauffement climatique en 2010". Il a estimé que le défi pour l'ONU consisterait à mobiliser la volonté politique nécessaire et à la traduire en actes.

Le chef de l'ONU a déclaré qu'il créerait au début de l'année prochaine un comité de haut niveau sur le développement et le réchauffement climatique pour traiter de ces questions.

Les laborieuses tractations de

Copenhague
n'ont abouti qu'à un accord politique de trois pages, non contraignant et duquel les données chiffrées essentielles sont absentes. L'accord a été confectionné par les dirigeants des Etats-Unis, de la Chine, de l'Inde, du Brésil, de l'Afrique du sud et de grands pays européens, quand il est apparu que le sommet Copenhague, réunissant 194 pays, était menacé d'échec.

Il promet 100 milliards de dollars d'aide aux pays pauvres qui risquent d'être les plus affectés par les effets du réchauffement et contient un engagement des Etats à agir en vue de limiter celui-ci à deux degrés Celsius.

Un traité contraignant est maintenant espéré fin 2010 à Mexico, alors que Bonn (Allemagne) doit accueillir une conférence de suivi dans six mois. Le but est que le futur traité prenne effet en 2013, après l'expiration du Protocole de Kyoto.

Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) de l'ONU, colauréat du prix Nobel de la paix en 2007 avec Al Gore, a prévenu en 2007 que si les températures moyennes augmentaient de plus de 2 degrés, cela pourrait entraîner des changements climatiques aux conséquences très graves.

Selon des études plus récentes, sans réduction des émissions de CO2, le réchauffement pourrait atteindre 6 degrés Celsius et le niveau des mers s'élever de plus d'un mètre, créant des centaines de millions de réfugiés climatiques.