Fin de la grève des dabistes

E.M. avec AFP

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Les dabistes chargés de l'approvisionnement des distributeurs de billets ont obtenu une revalorisation de leur prime de risques, à l'issue d'une grève de certains d'entre eux commencée vendredi 18 décembre. Mais la question de leur sécurité reste en suspens alors que les attaques contre eux auraient atteint un niveau record en 2009.

Cinq organisations syndicales (CFDT-CFTC-CFE/CGC-FNCR-FO) ont signé un accord avec le patronat du secteur (Fédération des entreprises de la sécurité fiduciaire, Fedesfi) ce mercredi lors d'une réunion au ministère des Transports.

Revalorisation

"Cela ne nous satisfait pas complètement, mais c'est une issue de secours qui permet de faire passer la prime des dabistes de 73 euros à 140 euros en janvier et à 150 à partir de juillet", a déclaré à l'AFP M. Guyomard, délégué CFTC.

"C'est un accord honorable qui comprend une revalorisation des grilles de salaires de toutes les catégories (dabistes, convoyeurs, agents de caisse) comprise entre 8,6 et 10,6%, étalée en deux fois sur 2010", a précisé Pascal Guiroga, délégué CFDT, premier syndicat du secteur.

La profession n'avait pas connu de revalorisation des minima conventionnels depuis 2006.

Grève limitée

Cet accord reprend les dernières propositions de la Fedesfi pour les salaires et permet d'augmenter la prime de risques, sans toutefois accepter la revendication initiale de l'intersyndicale: un alignement sur la prime des convoyeurs de fonds (233 euros mensuels).

Les cinq syndicats avaient appelé à la grève depuis vendredi 18 décembre dans l'ensemble du secteur, notamment chez les deux leaders du marché Brink's et Loomis.

Le mouvement n'avait pas créé de très fortes perturbations, même si les organisations avançaient des taux de grévistes autour de 50 à 60%. Loomis avait déclaré pour sa part à E24 que 30% de ses salariés, en moyenne, avaient rejoint le mouvement le 18 décembre dernier. La Fedesfi, tout en reconnaissant des "problèmes très localisés", parlait mardi 22 décembre d'un "mouvement qui ne prend pas".

La question de la sécurité

Patronat et syndicats se retrouveront en janvier pour aborder le problème de la sécurité qui n'a pas encore été résolu.

En 2009, 61 attaques contre des distributeurs ou des dabistes ont été recensées, selon Patrick Lagarde, président de la Fedesfi et Pdg de la Brink's. Ce chiffre constitue un record historique depuis l'apparition de cette forme de criminalité, il y a une dizaine d'années.

Les attaques de convoyeurs sont moins nombreuses mais plus violentes, précise M. Lagarde. "Il faut trouver un autre mode opératoire pour les dabistes, car l'actuel a montré ses limites, au moins dans les zones à risques, on a rajouté des équipements mais il y a beaucoup trop d'attaques encore", juge-t-il.

Les dabistes chargent les distributeurs ou les réparent, depuis les coffres des agences bancaires. En nette augmentation selon le patronat et les syndicats, les attaques sont réalisées avec des voitures béliers dans les deux tiers des cas.

Face à cette insécurité, qui préoccupe aussi le ministère de l'Intérieur, le patronat veut associer les dabistes aux convoyeurs de fonds. Ces derniers sont armés et circulent dans des véhicules blindés contrairement aux dabistes qui évoluent en civil, à l'intérieur de véhicules banalisés.