Le G20 a approuvé un plan d'action

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"Nous sommes d'accord (pour dire) qu'une réponse politique élargie, fondée sur la coopération macro-économique, est nécessaire pour rétablir la croissance." C'est la conclusion à laquelle sont parvenus les dirigeants des pays du G20. C'est ce qu'indique la déclaration finale du sommet de Washington, organisé après deux mois d'une crise financière inédite depuis les années 1930.

Le G20 a énuméré des "actions immédiates" pouvant être adoptées pour empêcher l'économie mondiale de sombrer dans une récession prolongée, suggérant l'utilisation de "mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides" ou des baisses des taux d'intérêt dans certains pays.

Le président français Nicolas Sarkozy en a conclu que le G20 était d'accord sur la "nécessité d'une relance coordonnée, concertée de l'action économique", comme le réclamaient le Brésil, la Turquie ou l'Espagne, alors que la déclaration ne parle que de "coopération".

Pour remédier aux causes de la crise, les dirigeants du G20 ont approuvé un "plan d'action", une liste de mesures "à haute priorité" permettant d'améliorer la supervision du système financier, sur lesquelles leurs ministres des Finances devront faire des propositions d'ici au 31 mars.

Cinq domaines d'action ont été définis: remise à plat des aspects de la régulation qui exacerbent les crises, harmonisation des normes comptables, amélioration de la transparence des marchés de produits dérivés, révision des pratiques de rémunération des dirigeants de banques pour éviter des prises de risque excessives et "révision du mandat, de la gouvernance et des besoins en capitaux des institutions financières internationales".

Pour éviter une répétition de la crise financière, le G20 veut que "tout intervenant, tous les produits et tous les marchés soient réellement soumis à surveillance. Il n'y aura plus de zone d'ombre", selon les explications de la chancelière allemande Angela Merkel.

Toutefois, à la satisfaction des Américains et des Canadiens très attachés à leur souveraineté, le G20 a souligné que "la régulation relève avant tout de la responsabilité des régulateurs nationaux". Il a surtout recommandé une intensification de la "coopération internationale entre régulateurs" et un renforcement des "normes internationales où cela est nécessaire".

Sans citer nommément les fonds spéculatifs, échappant actuellement à toute régulation, le communiqué évoque le besoin de "transparence sur les actifs hors bilan et des instruments financiers complexes".

D'ici au 31 mars, le G20 demande aussi des propositions pour que les "régulateurs s'assurent que les agences de notation (critiquées pour avoir surévalué des placements de mauvaise qualité) répondent aux normes les plus exigeantes".

Comme le souhaitait la France, le G20 met aussi la pression sur les paradis fiscaux, en demandant "à moyen terme" aux autorités nationales et régionales de "mettre en oeuvre des mesures pour protéger le système financier mondial des juridictions non coopératives qui présentent un risque d'activité financière illégale".

Les dirigeants ont convenu de se retrouver avant le 30 avril pour "vérifier la mise en oeuvre" des décisions prises à Washington. M. Sarkozy a proposé que ce sommet ait lieu à Londres, la Grande-Bretagne assurant l'an prochain la présidence du G20.

Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a proposé que le G20 se donne un an pour "achever la nouvelle régulation du système financier".

Il n'est cependant plus question d'une réforme globale du système financier, sorte de Bretton Woods II, souhaitée par certains pays, dont la France. Pour pallier le risque du protectionnisme, le G20 a pris par ailleurs l'engagement de tenter de relancer d'ici la fin de l'année le cycle de négociations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le G20 a également proposé une réorganisation des institutions multilatérales, comme le FMI et la Banque mondiale, pour faire de la place aux grands pays émergents. Il a appelé ces organisations à épauler les pays en détresse en leur fournissant des financements.

Même s'il n'a pas obtenu l'instauration d'un super-gendarme de la finance internationale, M. Sarkozy a estimé que le G20 avait réussi à établir "une nouvelle gouvernance économique". Il était difficile d'obtenir beaucoup plus du sommet de Washington car le 20 janvier 2009, le président américain George W. Bush laissera la place à Barack Obama, absent du sommet.