Pessimisme ambiant à Copenhague

E24 avec AFP

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Le Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen vient de prendre la présidence de la conférence de Copenhague en remplacement de Connie Hedegaard. Yvo de Boer, le responsable des questions climatiques à l'ONU, a précisé que Connie Hedegaard poursuivrait les négociations informelles mais que c'est Loekke Rasmussen qui sera le président officiel de la conférence.

"Avec tant de chefs d'Etat et de gouvernement qui sont arrivés, il est approprié que ce soit le Premier ministre du Danemark qui préside", a expliqué Mme Hedegaard.

Il faut avouer que le climat est de plus en plus tendu à Copenhague. Les négociateurs, qui se préparent à une, voire deux nuits blanches, ne cachent pas leur inquiétude après une nuit presque complète de consultations qui doivent permettre à la présidence danoise de rédiger un projet d'accord.

Pour l'instant, seul un projet d'accord non chiffré a été rendu public.
Il doit être négocié.

"Je suis un tout petit peu soucieux, car il reste tellement de travail à faire. Je crains un nouvel incident, parce qu'alors on aurait du mal à conclure", a confié l'ambassadeur de France pour le climat, Brice Lalonde. Il craint des incidents de procédure, en reprochant une certaine "maladresse" à Mme Hedegaard: "On assiste à un télescopage entre l'envie de la présidente d'avancer et le rythme très formel de l'ONU. Les pays en développement craignent toujours le coup de force des pays industrialisés, tout cela entraîne beaucoup de tensions", explique-t-il.

Le changement de président permettra peut-être de débloquer la situation.

Les 2°C s'éloignent

Devant le Parlement européen, le Premier ministre suédois Fredrik Reinfedlt, qui préside l'Union européenne, a douté que l'accord de Copenhague permette d'atteindre l'objectif affiché d'un réchauffement limité à 2°C. "Nous avons besoin de (cet) objectif de 2 degrés" mais "je ne suis pas certain que nous y parviendrons", a-t-il prévenu.

Pour sa part, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a réitéré mercredi qu'un accord ne saurait être trouvé sans aide chiffrée à long terme aux pays pauvres. A ce stade, le seul consensus qui semble émerger concerne une aide immédiate totale de 10 milliards de dollars par an sur trois ans dès 2010 pour aider les pays les plus démunis à faire face aux impacts du réchauffement.

L

'Union européenne a déjà annoncé qu'elle en assumerait au total 7,2 milliards d'euros (10 milliards de dollars) à elle seule
entre 2010 et 2012. Mais rien n'a été arrêté au-delà.

Le but de la conférence est de trouver un accord apportant la meilleure riposte possible au changement climatique et pouvant entrer en vigueur début 2013 alors que le protocole de Kyoto prend fin en 2012.